Semaine
Aujourd’hui est pareil à demain
Lundi mardi mercredi jeudi matin
Et hier avant-hier c’est malin
Se ressemblent comme deux croûtons de pain
Mais vendredi non vendredi
Vendredi je m’envolerai vers toi
Les vendredis sont bonne mie
Ils fondent sous la langue comme toi
Samedi dimanche du pain sur la planche
La semaine aura fait le levain
Samedi dimanche la farine blanche
De l’amour on fera du bon pain
J’ai ouvert et fermé mon bouquin
Lundi mardi mercredi jeudi matin
J’ai rien lu j’ai rien vu j’ai perdu
Mes pages (se) sont envolées le long du train
Mais vendredi non vendredi
Vendredi tu m’as souri tu m’as dit
Monsieur je vous ferais de grosses bises
Si vous pouviez attraper ma valise
Samedi dimanche pour vous mon cœur penche
Moi je veux rester dans votre train
Samedi dimanche la gare était blanche
Il avait neigé tout le matin
J’ai marché dans les rues mais en vain
Lundi mardi mercredi jeudi matin
Qu’il y eut des gens des passants des squelettes
Pour moi les rues étaient complètement désertes
Mais vendredi non vendredi
Vendredi tu m’as souri tu m’as dit
Monsieur je suis perdue je cherche la rue machin
Venez je vous emmène prenez ma main
Samedi dimanche serrée sous les branches
Tu m’as dit Monsieur je t’aime bien
Samedi dimanche la ville était blanche
Il avait neigé tout le matin
Je cherchais dans mon lit j’trouvais rien
Lundi mardi mercredi jeudi matin
A la place de ta place c’était pas bien
Il n’y avait que du froid dessous ma main
Mais vendredi non vendredi
Vendredi tu m’as souri tu m’as dit
Monsieur j’ai un peu froid serre-moi contre toi
Pour mieux se réchauffer on s’est couché
Samedi dimanche on n’s’est pas levé
On n’voulait pas voir passer les journées
Samedi dimanche sur la couverture blanche
Au mitan du lit il a neigé
Reprise 1° couplet
Alors tu resteras près du pétrin
Lundi mardi mercredi jeudi matin
Puis tu parsèmeras de raisins
Les petits pains dorés comme tes reins
Et vendredi oui vendredi
Vendredi ce sera comme jeudi
Les vendredis seront câlins
Comme des croissants chauds dans le matin
Samedi dimanche la farine blanche
Parsèmera ta peau de satin
Samedi dimanche tu seras toute blanche
Il neigera plus jamais pour rien
Semaine
Tu brosses tes cheveux
Tu brosses tes cheveux et c’est un doux supplice
De les voir s’étirer entre les poils rigides
Les regarder se tendrent comme au métier la lisse
Puis reboucler leurs vagues en une souple égide
Epaules noires et lisses doux abris de chaleur
L’ombre de chevelure y glisse son parfum
Dans l’ondulation des reflets sibyllins
La lumière s’y perd un mystère y demeure
Entre mes doigts ouverts je fais glisser ce flot
Il coule lentement ne semble pas finir
Surpris j’arrive enfin dans le bas de ton dos
Commence une autre histoire dans un premier soupir
Dans un premier soupir commence une caresse
Ma main légère plane et doucement construit
Tel un oiseau qui vole alentour de son nid
Tout autour de ton corps le désir et l’ivresse
Alors ta chair s’anime en mouvements lascifs
Sous le vent du plaisir tu deviens océan
Tel un voilier tournant tout autour des récifs
Ma main relâche enfin ton désir obsédant
Tu m’as quitté l’espace d’un violent éclair pâle
Où es-tu donc partie où as-tu voyagé
Plus de temps plus de vent et retombe la voile
Sur le pays profond du plaisir exilé
Tu brosses tes cheveux et c’est un doux supplice
De les voir s’étirer entre les poils rigide
Les regarder se tendre comme au métier la lisse
Puis reboucler leurs vagues en une souple égide
Fleur ou Femme