Bar, café
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               Chez Lisette

 

 

 

Au bistro du hasard

Se boivent des apéros

Des bières et des vins chauds

Et les cœurs d’artichauts

Palpitent au comptoir

Se penchent et s’épanchent

Captant le moindre espoir

Issu du jour nouveau

 

Au bistro du hasard

La serveuse élastique

Ondulante prêtresse

Reniant dieux en plastique

Et leurs autels ringards

Sacrifie plats de frites

Fourrés regards lubriques

Aux déesses de l’espoir

 

     Lance les dés sur la Lune

     Un bandeau sur les yeux

     Certains disent que la fortune

     Sourit aux audacieux            Refrain

     Lance les dés sur la Lune

Un bandeau sur les yeux

     Et moi je dis que la fortune

     C’est juste qu’un instant heureux

 

 

 

 

Au bistro du hasard

Les coups de petits noirs

Qui fument à côté

De leur sucre en papier

Sont des soleils tout noirs

Bien trop vite avalés

Pour brûler le palais

Des Princes de l’espoir

 

Au bistro du hasard

Dans les légions d’odeurs

Le journal régional

Etale ses malheurs

Même les feuilles ont peur

Des nouvelles c’est normal

Ceux qui les replient mal

L’encre leur colle au cœur

 

    Refrain

 

Au bistro du hasard

Seulement l’instant règne

C’est le roi des bagnards

Avec sa chiffonnette

Il court aider Lisette

Puis nettoie les toilettes

Se passe un coup de peigne

Et sert trois anisettes

 

Au bistro du hasard

Le « toujours » va et vient

Et dans le courant d’air

Le « parfois » tient sa main

Alors le doigt en l’air

Et sans en avoir l’air

Je commande un espoir

Serré, mais pas trop noir

 

    Refrain

 

                Chez Lisette

  

 

 

            

            Le petit café

 

                                                                                   

 

J’espère que nous nous reverrons

Tout s’est passé si vite

Le temps d’une petite chanson

Sur un orgue mécanique

 

Si mes souv’nirs sont restés justes

Je crois que je t’ai aperçu

A la vitre d’un autobus

Que j’ai suivi au terminus

 

Au terminus d’un automne pâle

C’est éveillé un amour fou

Et si la neige étai si sale

C’est qu’elle s’était changée en boue

 

Tu glissais sur le trottoir

Quand ma main a serré ton bras

Tu m’as dit un merci bizarre

En t’appuyant un peu à moi

 

Le café qu’on a bu ensemble

Avait un p’tit goût de nouveau

Et je revois ma main qui tremble

Te passant le sucre en morceaux

 

Je n’avais pas envie d’parler

Je regardais ta main jouer

Sur la table avec un papier

Et cette main je l’ai serrée

 

C’était un p’tit café minable

Mais au moins il y faisait chaud

Et je sais qu’il me sembla beau

Avec ses quatre petites tables

 

Nous étions deux pour faire le monde

Deux cœur quatre yeux des idées

Et si le monde est encore monde

C’est que notre amour a raté

 

 

 

Le petit café