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Céline et air C’est un signe d’air vers l’infini Comme une lumière qui s’enfuit Mais c’est une vie qui s’en va Sur l’écran de ton cœur qui bat Céline et air Tout est blanc comme la nuit d’hiver Dans la lumière crue de l’automne Tu avais quitté la Sorbonne Pour ce vieil hôtel de Lisbonne La belle affaire J’ai fais des pieds palmés paquets Pour retrouver où tu étais Et aujourd’hui je vois ton corps Aussi blanc que le blanc décor Est-ce que tu dors ?! Que veux-tu ici que je fasse Face à l’espace que tu laisses Cette Grand’ Place qui s’étale A l’hôpital sans ma déesse Qu’est-ce que j’ai mal ! L’homme en blanc a dit : C’est fini… Je n’ai plus qu’à ranger ma nuit Dans le grand placard des douleurs Pas d’écran plat… télé réa… A tout à l’heure… Quand ton cœur faisait des montagnes J’avais peur que le mien ne gagne Des sommets de morne rancœur Sachant que tu frottais ton pagne A toutes ces sueurs Trait de lumière monotonie Sur cet écran de fin de vie En noir et blanc le son strident Perce et s’enfuit le jour éclaire Mais c’est la nuit… Céline et air…
Céline et air
Dort Dorine Dort Dorine Blanche comme farine Petit enfant fragile Aux os déjà poussière Ta vie n’a pas été Tout à fait validée Ta vie n’est pas la vie Elle s’est déjà enfuie Mais où est-elle passée Dort Dorine L’injustice maligne A envahit ton corps Alors ton seul décor Est le blanc qui s’aligne Couloir aseptisé Et chambre démeublée Et pas d’issue pour toi Sous les trente degrés Les gens qui t’aiment ont froid Dort Dorine Le néon illumine Ton repos inutile Ton repas refroidi Traîne sur le plateau Que dire de la chimio Des rayons qu’en est-il Les questions restent en l’air Avec un air idiot Dort Dorine Blanche comme farine Ton nounours marron Fixant son regard rond Sur mon geste hallucine Je sais qu’il se taira Je sais aussi qu’il voit Menant à tes artères La surdose de morphine
Dort Dorine
Nathalie Nathalie t’es au lit Alitée quel ennui Tu perds la faculté De pouvoir t’allonger Juste quand tu choisis En plus qui voudrait faire L’amour à un zombie En voilà une affaire Toi qui passait ta vie A t’envoyer en l’air C’était bien mais c’est cuit Nathalie Ta ceinture Est nouvelle frontière T’es demie Et ça dure Il n’y aura plus de guerre Chez les deux hémisphères Normalement c’est clair Cette table de nuit Devrait crouler de fleurs Et te noyer d’odeurs De couleurs et de fruits Et de bonbons aussi Ensuite cette porte Cacherait la cohorte Des amis de ta vie Des amants de tes nuits La cohorte est partie Nathalie Ta ceinture Est nouvelle frontière Tes voyages Seront sages Et tes seuls partenaires Seront imaginaires Où sont donc passées celles Qui voulaient te voir morte Tu ne l’es qu’à demie Où est leur jalousie Devenues irréelles Elles sont en quelque sorte Au milieu des fouillis Du placard de leur vie Lucie Sarah Pauline Repliées mises en plis Font dans la naphtaline Refrain Après cet accident Pas d’habit du dimanche Rien que des blouses blanches Les amis sont partis Plus de petite flamme Pour consumer le pire Oublier que les jambes Sont parties contre un mur Le sexe en souvenir Et vivre un no man’s land C’est quand même un peu dur Refrain Nathalie alitée T’es au lit c’est pas l’pied Si au-dehors ça grouille Comme un vrai plat de nouille Ca bizouille ça paluche S’épluche et se papouille Au bout de ton couloir Eclaboussé de froid Le néon broie du noir Pour le pire de tes nuits Tu découvres l’oubli Refrain
Nathalie
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