Préférences Sexuelles
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Écrit par Pierre Blois   
 

                                                                                              

                 

 

 

   Bergère et Bérengère

 

 

 

 

Son regard de porcelaine

En a figé plus d’un         Refrain

Tandis qu’elle filait la laine

Au bord du chemin

 

Mais pour être bergère

On n’en est pas moins femme

Son amie Bérengère

L’aimait à fendre l’âme

Et même si cet amour

Etait hors du commun

Quand elles se caressaient

A l’ombre des chênes verts

Y avait plus d’un malin

Qui ouvrait les paupières

 

Ils venaient se planter

Un à un tour à tour

Tous sur leur trente et un

Beaux comme des contre-jours

Pour lui conter fleurette

Elle leur laissait une main

Et ouvrait ses yeux verts

Prenait leurs pâquerettes

Et les renvoyait vers

Leurs lend’mains solitaires

 

Refrain

 

Il y avait le grand Pierre

Avec ses madrigaux

Le jeune Philibert

Avec ses p’tits pains chauds

Et Arnaud et Norbert

Herbert et Roméo

Bruno et Isidore

Et bien d’autres encore

Qui lui jouaient du cor

Comme Roland à Ronc’veaux

 

Leur but à tous était

C’est certain on s’en doute

De la faire culbuter

Au milieu des fougères

La vertu en déroute

Mais sa vertu était

Aux mains de Bérengère

C’est elle qu’avait la clé

De son âme de sa chair

Et ça les agaçaient

 

Refrain

 

Comme ils se firent pressant

Les pauvres s’ils avaient su

Ils ont tous disparu

Tous en ne rien laissant

Un à un tour à tour

Une à une tour à tour

Une brebis de plus

Au troupeau apparut

Personne n’savait c’est clair

Qu’Bergère était sorcière

 

Aussi filant des doigts

Leur chair couleur soie

Elles voient sans s’émouvoir

En riant aux éclats

Le puissant bélier noir

Qui le sexe rougi

Possède les brebis

Sans arrêt sans souci

Une à une tour à tour

Et tout le long du jour

 

Refrain

 

 Bergère et Bérangère

 

 

 

         De l’Y à l’X

 

Je suis né garçon

Mais pas négation

De ma fée Minité

Car la femme en moi

Est bien là je crois

A peine cachée

 

Pourquoi faire un drame

De la différence

A laquelle tu penses

Range-donc ton arme

Tu ne peux tirer

Sur ta moitié

 

    Car de L’Y à l’X

    La virgule s’en va

    La virgule s’en vient

    Balance entre tes cuisses

    Car Alain ou Alice

    Assis debout tu pisses

    Et te poussent les seins

 

Et ne t’illusionne

Pas sur tes hormones

Elles sont bien rangées

Elles font bien l’homme

T’as deux petites pommes

Pour te rassurer

 

Mais si tu veux voir

Derrière ce rempart

Se tient la nuisette

Le regard coquin

La paire de seins

Deux jambes offertes

 

    Refrain

 

Sûr, ce serait chaud

Si cette moitié

Etait hétéro

Te mets pas en peine

Rassure ton ego

Elle est née lesbienne

 

J’ai les chromosomes

Errants X Y

Soit latins soit grecs

Mais Athènes et Rome

S’en foutent tout comme

Leur première barrette

 

    Refrain

 

Je n’ai pas d’guêpière

Ni de jarretière

Portées en cachette

Mais je sais qu’hier

Elles s’enfilaient fières

Au fond de ma tête

 

Que ça penche plus

Avant l’utérus

Ca ne tient à rien

Que tu sois un gus

Où une petite puce

Toi tu le vaux bien

 

    Refrain

 

Mais d’un côté l’un

L’autre n’est pas loin

A toi l’unité

Les guerres mondiales

Guerres des étoiles

Commencent à tes pieds

 

L’accord de ton corps

Est le La du monde

Les blanches et les noires

Sont toutes deux rondes

Les deux correspondent

Commence par t’aimer

 

    Refrain

 

   De l'Y à l'X

 

 

             Desdémone

 

 

Les fées sont venues faire les belles

Et t’ont noyé sous la dentelle

Toi qui ne rêvait que voitures

Virilité et aventures

 

Enfin n’en veut pas trop aux fées

Bien souvent un peu dépassées

Pour ne pas se perdre elles arasent

Oublient de cocher la bonne case

 

    Desdémone

    Petite démone

    Les fées sont un peu fatiguées

    Concocter des Princes aux hormones

    Pour des Princesses enrubannées

    Et des sorcières qui t’empoisonnent

    A la longue ça peut lasser

 

Dans la danse des circonstances

Tu t’es saisi d’un cavalier

Qui était une cavalière

Tant que tu danses, la belle affaire !…

 

Sait-on ce que pensent les fées…

Vraiment qu’importe la monture

Pourvu que l’on ait la mouture

Pour partager un bon café

 

    Refrain

 

La fée Minine est si mimine

Pas de quoi la féliciter

Si l’hormone qui la domine

N’a pas besoin de se raser

 

Desdémone est une démone

Dans son enfer et ses outrances

Si je la préfère à Simone

C’est que j’aime les différences

 

Refrain

 

Réchauffe les amours transis

Et rassure tous ceux qui ont peur

Ne craint pas plus pour tes erreurs

Tant que l’amour est là, pardi !

 

Et si parfois la vie confond

Réalité avec envie

Les garçons manqués toujours font

De grandes filles très réussies

 

Refrain

 

  Desdémone

 

 

 

         Fleur ou femme

 

 

 

 

 

Une fleur regarde une autre fleur

Dans un matin pâle et brumeux

J’ai envie de fermer les yeux

De laisser couler ma langueur ( bis)

 

Une fleur regarde une autre fleur

Ces deux fleurs s’aiment et se le disent

Leur regard tranquille n’a pas d’heure

Pas d’ombre d’orage ni de crise ( bis )

 

Lorsqu’un rayon de soleil passe

C’est un mot d’amour qu’elles se donnent

Si une éphémère trépasse

L’autre se ferme et s’abandonne ( bis )

 

Une fleur regarde une autre fleur

Ses pétales s’ouvrent avec pudeur

Tout doucement comme une femme

Elle s’offre de toute son âme ( bis )

 

Une femme regarde une autre femme

De longues mains effilées glissent

Sur des seins oblongs fermes et lisses

Sur un ventre doux pâle et calme ( bis )

 

Une femme regarde une autre femme

De grands yeux plongent dans d’autres yeux

Des cheveux se mêlent aux cheveux

Et des soupirs à fendre l’âme ( bis )

 

Une femme regarde une autre femme

Les caresses se font précises

Les corps ondulent se tendent se brisent

Comme sur un rocher des lames (bis )

 

Une femme regarde une autre femme

D’un coup un cri fuse tranchant

Les deux corps retombent ahanent

Les deux sœurs croisent leurs doigts ardents ( bis )

 

Une fleur regarde une autre fleur

La pluie qui tombe comme un pardon

Comme une vie riche de pleurs

Les brise comme nous le faisons ( bis )

 

Fleur ou Femme 

 

 

 

         Les Léonardo

 

 

 

Eléonore j’ai perdu le nord

Plus d’astrolabe ou de sextant

Pauvre biche a perdu son faon

Derviche tourneur permanent

 

Je me suis noyé dans tes yeux

Dans le parfum de tes cheveux

J’ai même fondu sous tes mains

En un mot j’étais amoureux

 

  Eléonore

  J’ai perdu le nord

  Ainsi Léo n’avait pas tort

  Il m’avait dit mon vieux Pierrot

  Méfie-toi des Léonardo

 

Que de longs baisers sous la lune

D’interminables promenades

Sur la plage dedans l’écume

Ou sous la forêt des dryades

 

Le temps ne passait plus c’est sûr

Arrêté net devant le mur

Où commençait nos libertés

Puis il a repris son allure

 

  Refrain

 

Depuis le temps s’est rattrapé

Il déteste qu’on lui grignote

Des morceaux qu‘il a dans sa hotte

Qu’il distribue à temps compté

 

Il faut excuser le poète

Qui avec le temps se répète

Sur le sujet radotera

Je sais que vous savez tout ça

 

  Refrain

 

Mais il y a quelque chose encore

Que vous ne savez Léonore

Et moi un soir nous décidâmes

D’aller comment dire jouer aux dames

 

Ben oui pourquoi rester amant

Tout en se privant de la chair

N’aimer que platoniquement

Cela est frustration ma chère

 

  Refrain

 

Alors elle est venue chez moi

Nous avons bu un petit verre

Mais dans ma main entre ses bas

Se trouvait ce que j’avais moi

 

Je ne vous dirais pas c’est clair

Ce qu’ensuite il est advenu

En fait qu’est-ce que ça peut vous faire

Nous n’étions plus que nous deux nus

 

  Refrain

     Les Léonardo