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Animateur J’ai fais du macramé De la peinture aux doigts De la peinture aux pieds Et de l’émail à froid De la pyrogravure Et de la poterie Sur bois de la sculpture Et de l’imprimerie Car j’étais animateur De collectivité Refrain Et les enfants à cent à l’heure S’activaient s’activaient Quel dommage que je n’aie tissé En rangs serrés en rangs serrés Tous les rêves qui hantaient ma tête Ca t’aurait fait une jolie couette J’ai fais de la tournerie Aussi des jeux de piste J’ai fais de longues listes Des pipis au lit Des tas de jeux marrants Et des veillées tranquilles Les flammes en sautillant Luisaient dans les pupilles Refrain Heureusement qu’on a joué Tous deux serrés tous deux serrés Cet éternel jeu rigolo Qui n’se fait pas dos contre dos Je leur ai appris le ski Sans le connaître c’est sûr Pour fermer les chaussures Pas besoin d’un Killy Je leur ai appris le bateau Sur une caravelle si Vous tombez tous à l’eau Pas besoin de Tabarly Refrain Heureusement que sur la plage Tout en mangeant quelques bouchots On a imprimé des images Que l’on oubliera pas de sitôt Et du théâtre d’ombre On a écrit l’histoire C’était une histoire sombre Qui s’est jouée dans le noir Quand l’ampoule a grillé C’était juste au début Qu’est-ce qu’on a rigolé Quand le drap a brûlé Car nous étions animateur De collectivité
Et les enfants à cent à l’heure S’activaient s’activaient Et c’est là qu’on s’est connu Au début tout au début Les enfants les enfants riaient Sans connaître cette histoire vraie Animateur
La farine Il faisait chaud on rêvait d’eau potable Avec une auto un peu décapotable Nous on roulait sur les routes d’Ardèche Et faut dire que c’était un peu la dèche On a vu son pouce se lever vers le ciel Il était là-bas à l’ombre sur un banc Faut dire qu’il avait l’air d’pas avoir son pareil Pour pas faire des gestes trop grands Un petit sac de plage tout léger comme bagage Qui lui servait là à reposer sa tête Avec un p’tit bob blanc sur le nez c’est pas bête Avec marqué dessus Ricard anisette Nous nous sommes arrêtés c’était rafraîchissant Rien qu’à l’voir une envie d’se coucher sur le banc Rien qu’à l’voir une envie de courir s’étaler A la terrasse d’un café Sa ch’mise était couverte de palmiers roses et bleus Et son pantalon blanc moulait sa taille fine Son sourire s’élargit il dit ouvrant les yeux Salut moi mon nom c’est la Farine et toi ? Nous nous sommes regardés un instant interdis Il n’y avait pas d’raison car c’est lui qui l’a dit Mais je dois préciser qu’il était noir de peau Et sa peau il n’avait qu’ça sur les os Il nous a pas fixé dans les yeux pour parler Car toujours sur ses yeux il portait le bob blanc Il y avait des frissons dans ses mots envolés Et dedans son sourire il y avait toutes ses dents J’peux pas vous raconter tout ce qu’il a chanté Dans mon demi-sommeil y a des mots qui flottaient Y avait le mot poubelle y avait le mot bordel Et tout ça s’est enfui je me suis endormi Quand j’me suis réveillé y avait plus ma copine Y avait plus de voiture y avait plus la Farine Son bob était resté nonchalant sur le banc Avec un bout d’papier « Salut dédommagement.. » Alors j’ai mis le bob sur ma tête fatiguée Me suis dit aujourd’hui que c’était ma tournée J’ai soulevé mon pouce sur le banc accoudé « Bien l’bonjour la Farine, j’espère qu’ça va marcher…» « Salut moi mon nom c’est la Farine et toi ?… » Ad lib. La Farine
L’inconnue au manteau brun La femme au manteau brun Portait peau de chagrin Sur le dos Et mes pas dans les siens Coulaient comme des grains De pavot Elle roula soudain Son foulard sur sa main Sur sa peau Et figea son regard Sur un horaire de car C’est idiot Oh ! Oh ! Mon inconnue vient Tu n’as pas vu Mais je t’ai tendu la main… Car ce regard hagard S’égara bien trop loin Dans le noir Il passa sans me voir J’étais venu trop tard Ou trop tôt La pub de l’abribus Aurait été en russe En latin Pour elle ce n’était rien Elle n’aurait vu plus Ou moins bien Refrain Ses yeux paraissaient gris Ses rendez-vous soumis Aux lapins Et son dos avachi Avait bien trop pétri De gros pains Peut-être des enfants Un homme indifférent L’attendaient Peut-être seul le temps L’allongeait en amant Sur son plaid Refrain Son sac à main serré Une petite bouée Sur son sein Et des cheveux noués En un chignon roulé De rotin J’aurais voulu lui dire Quelque chose de bien De moins pire Voir venir un sourire Des mots pour faire plaisir Mais plus rien Refrain Car le car apparu Est venu en intrus Mine de rien Et l’a mangé tout cru Il n’est rien resté du Manteau brun ( bis ) Refrain L'inconnue au manteau brun
Marguerite, l’amour à l’huile
J’étais en train d’errer Dans des terres sans mystère Dans des villes sans chaleur Sans pouvoir me poser Je ne savais que faire Pour abriter mes heures Au coin d’une ruelle J’ai tourné dans le noir Pour reposer mes yeux Au milieu des poubelles Des regrets des déboires Et des papiers crasseux J’enjambais un ou deux Corps inertes ronfleurs Cachés sous des cartons Donnait des coups rageurs Dans un petit bidon Dont le son donnait creux Les ventilateurs chauds Extracteurs des restos Me lançaient leurs odeurs Et j’entendais les rots Et les pets des cuistots Qui cuisinaient leur sueur Au bout de la ruelle Rectangle de lumière Porte ouverte d’un four Comme le bout d’un tunnel Une canette de bière Craqua sous mon cœur lourd Tandis que les pieds freinent La tête dit Taïaut Et le ventre se noue Une fête foraine Allumait ses projos Et ses Chamallows mous Le doute m’assaillit Mon iris rétréci Me tromperait ainsi Elle était là déesse Une reine surgie Des embruns de tristesse Je tendis mes deux sous Pensant à ses dessous Anticipant vraiment Et sans dessus-dessous Je me retrouvais sans Un seul son cohérent Car c’est ainsi que je Rencontrais Marguerite Et sa baraque à frites C’est dans l’amour à l’huile Que j’ai trouvé mon île Où je vis tout graisseux Je la sens si sensuelle Quand je glisse sur elle Mes doux yeux de merlan Notre plaisir s’épure Tout aussi grésillant Que friture d’éperlans
Marguerite ou l'amour à l'huile
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