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Écrit par Pierre Blois   
 

         Derrière le miroir

 

                                   

 

 

Ce matin gris

Comme tous les matins gris

Toi tu t’es glissé hors de ma nuit

Sans faire de bruit

T’as secoué ton ennui

Dans ma tête j’ai le son de la pluie

 

Mais derrière le miroir

J’ai gardé ton histoire

Ton image marque ma page

 Mais derrière le miroir

J’ai encore ton regard

Pour croire que tu ne m’as pas oublié

 

Qui s’est brûlé au feu d’un feu-follet

En restera marqué pour toujours

Mais s’il n’en meurt pas

Alors il apprendra

L’amour à faire danser les jours

 

Mais derrière le miroir

J’ai gardé ton reflet

Bien caché à l’abri du noir

Mais derrière le miroir

J’ai rangé les tiroirs

Où restent nos souvenirs secrets

 

Cette nuit a coulé

Comme une encre violette

Sur le papier d’un jour vitreux

Les mots se sont noyés

Les mots se sont brûlés

Les mots se sont coupés en deux

 

Mais derrière le miroir

J’ai mis les mots d’espoir

Qu’on se dit parfois au fond des yeux

Mais derrière le miroir

Je veux toujours le croire

Il y a de la place pour nous deux

 

  Derrière le miroir

 

 

 

       Diane

 

 

 

Non Diane je ne chasse plus

Je reste assis par terre

En bordure de mes terres

A regarder les nues

 

 

A regarder la rue

A voir passer les cœurs

Qui palpitent et qui meurent

D’avoir été trop nus

 

 

Non Diane je ne chasse plus

Tu peux poser ton arc

Et tes flèches de Parthes

Moi je reste à mains nues

 

 

A regarder les biches

Les yeux enamourés

Si prêtes à épouser

Qui enfantent et qui trichent

 

 

Qui enfantent et qui tuent

Les grandes cerf-titudes

Au bois des habitudes

A jamais sont perdues

 

Refrain

 

Et plus rien dans les mains

Moi je ne brame plus

Ne blâme plus non plus

Va je ne te rée point

 

 

Bien loin de tout harpail

La meute lance au loin

J’entends passer les trains

Des fruits de tes entrailles

 

Refrain

 

Bien loin de tout harpail

La meute lance au loin

J’entends passer les trains

Des fruits de tes entrailles

 

Sous la lune qui baille

Les chiens sont sur tes reins

Pour encore un festin

Je m’endors sur la paille

 

Non Diane je ne chasse plus

Tu peux poser ton arc

Et tes flèches de Parthes

Moi je reste à main nues

 

  Diane

 

 

                      La confiance

 

 

 

 

 Au fond de ma poitrine

Un réveil cajole

Des restes d’albumine

Et de cholestérol

Mais ne vous y fiez pas

Mesdames

C’est correct

Pas un gramme

J’suis clean

 

Une aiguille s’enfonce

Dans ma veine gonflée

Non c’est pas ma défonce

Je n’suis pas allumé

C’est pour savoir d’avance

Si j’ai

Encore

Deux trois années

A exister

 

Pas de doute c’est une route

Où l’on n’peut pas doubler

Sur cette route redoutée

Y a pas de parapet

Il faut savoir quoi foutre

Avenir pour rire

Ou bien déroute

Dans les reins

Du passé

 

 

Est-ce l’heure du réveil

Est-ce l’heure du sommeil

Qui donc nous le dira

Dans le jour qui s’en va    Refrain

Est-ce l’heure du réveil

Est-ce l’heure du sommeil

Ca tient à rien des fois

Dans la vie qui s’en va

 

On aurait pu survivre

Au-delà de la mort

A deux comme une eau vive

On était les plus forts

Mais un ange s’est déplumé

Et toi tu

L’as aimé

Les anges sont

Des enfoirés

 

Tu es partie quand même

En me disant « Je t’aime »

Va donc croire à l’amour

Qui est sorti d’tes jours

Maintenant que tu as coupé

Tous les fils

On ne peut

Plus s’té-

léphoner

 

J’ai encore sur le gril

Quelques côtelettes brûlées

Si j’en crois les aiguilles

Elles vont tout arranger

Le réveil est réglé

En stand by

Et en veille

Bye bye

Ca va sonner

 

La confiance c’est la danse   Musique Refrain

Qu’on danse sur l’bout des pieds

C’est l’élan qui s’élance

Sans voir qu’il n’a pas pied

C’est le rêve assuré

Et l’ambiance qui balance

Sur une toile d’araignée

Ce n’supporte pas les courants d’air

Ca n’supporte pas le manque d’air

Et l’amour qui s’envoie en l’air

N’arrête pas d’lui faire des pieds d’nez

 

Refrain

 

 

 

           La vague et le grain de sable

 

 

                                                                 

 

Moi je sais tu es née d’une vague

Je t’ai vu jaillir de l’océan

Te jeter sur mon sable

 

Un seul coup de tes reins a suffit

Tu es venue t’allonger sur le lit

De ma plage

 

Et cette nuit la Lune était bleue

Elle avait des reflets de cheveux

Dans tes embruns violets

 

Plus tu me caressais plus je roulais

Plus tu me touchais plus je pleurais

Ton corps chantait

 

Je n’aimerai plus jamais le vent

Il passait pourtant me voir souvent

Avant toi

 

Bien avant que le soleil ne revint

Je t’ai vu te retirer soudain

Fuir au loin

 

Sans un seul adieu au grain de sable

Qui t’aimât pourtant comme un beau diable

Eperdu

 

A la prochaine Lune bleue

Je me laisserais emmener

Dans tes embruns violets

Violets...   ( ad lib.)

 

  La vague et le grain de sable

 

 

 

                 Le bal

 

 

                                                                         

 

Dans la panse du monde entier

Il y a des hommes de papier

Qui s’enflamment

Pour des dames

Enluminées

De belles dames sous leur fard

Aux couleurs de dollars

Sous la boule tango

Sur le sol qui brille

Vrillent les talons aiguilles

Sur les rêves les plus chauds

 

Dans les reflets luisants

Du clinquant et des strass

S’enlacent

Les stress

Tout gominés

De beaux messieurs replets

En costume de billard

Sous la boule tango

Font briller les reflets

De la sueur de leur lard

Qui vient couler à flot

 

La transcendance

Se danse en transe

Pour faire bouger

Les élégances

Du monde entier    Refrain

Mais ce monde-là

A la panse

Un peu trop dense

Pour bien danser

C’est l’évidence

 

C’est la rencontre enfin

De l’ombre et la lumière

A sa main

La chevalière

Lance des éclairs

Comme un phare sur le port

Aux couleurs d’ « amore »

Sous la boule tango

Se susurrent des mots

Glissant comme des anguilles

Au bas du dos des filles

 

Et les ongles vernis

Et les souliers cirés

Se massent

Dans des passes

Ignorées

Les mains moites s’évertuent

Dessus la soie tendue

Sous la boule tango

A atteindre le sang

Situé exactement

Juste dans le bas du dos

 

Refrain

 

Et sur la soie des seins

Sont les regards lubriques

Qui briguent

Un rien

De satin

La bave vient s’étaler

Au fond du décolleté

Sous la boule tango

Elle persiste la trace

Du colimaçon show

Et les rêves s’effacent

 

La lumière bouffe l’ombre

L’ombre avale la lumière

On dénombre

Quelques chairs

Sacrifiées

Il faut payer le prix

Au final c’est pas cher

Cette boule notre terre

Qui lance ses éclairs

Il faut payer le prix

Pour qu’le bal continue

 

Refrain

 

  Le bal

 

 

 

                  Le matin bleu

 

                                                                           

 

 

Le matin bleu

La peau d’orange

Que vaguement

J’avais jetée

Nous étions deux

Avec un ange

Tout déplumé

 

Le matin bleu

Et l’odeur fade

Du tabac que

J’avais fumé

Nous étions deux

Et des baisers

Bien trop usés

 

 

Le matin bleu

Bleu sans remord

Brume au-dessus

Des cheminées

Le matin bleu

Avec ton corps

Très fatigué

 

 

Le matin bleu

S’en est allé

Tristement seul

Vaguement gai

Il a donné

Un jour nouveau

Mais pas plus beau

 

Le matin bleu 

 

 

 

             Le vaisseau fantôme

 

 

                                                                 

 

Je me suis embarqué un jour

Sur un vaisseau fantôme

On m’avait dit mon vieux l’amour

L’amour c’est comme un baume

 

Tu le passes là où tu souffres

Ca te soulage de suite

Seul’ment fais gaffe c’est comme le souffre

Le plastic et la dynamite

 

Moi j’lui ai dit j’veux pas l’savoir

Montre-moi où y s’trouve

Je me fais fort moi de l’avoir

Dès qu’je l’ai pris je l’couve

 

Voile au vent moussaille on y va

Me dit l’squelette en forme

Le soleil était déjà bas

A point pour qu’je m’endorme

 

Les phares que l’horizon noyait

N’étaient que des chandelles

Qu’une petite brise éteignait

Je cherchais toujours ma belle

 

Quand le tourbillon arriva

Je me crus seul au monde

Je n’avais jamais connu ça

J’suis entré dans la ronde

 

Mais quand l’explosion m’a surpris

J’n’avais même pas d’chaloupe

Et toujours je nage depuis

Chaque fois qu’j’vois une terre je la loupe

 

Je ne peux plus aller à elle

Va falloir que j’l’attende

Sur mon p’tit rocher d’île perdue

Je n’regrette pas d’t’avoir connue

 

Le vaisseau fantôme

 

 

 

                  Malysonge

 

                                                                 

 

 

Le sale mental sentimental ment

Il est allemand mains non il est salement banal

Il est salement présent

De cabale en cabale                   Refrain 1

Le sale mental sentimentale ment

 

 

Pour éviter le sang qui sourd par les paupières

Pour éviter le souffre qui sort des fondrières

La lave du volcan pour éviter la guerre

Et pour faire de l’esbrouffe à des statues de pierre

 

 

Pour éviter le temps pour mettre des dorures

A des tableaux figés mais beaux dans leur facture

Pour remplir son néant et soigner ses blessures

Et pour faire des brassées de caresses à des murs

 

 

Tu as sentimensonge

Tu as sentimenti

Et sentimentrahi

Maintenant tout nous ronge

Maintenant tout nous tue

Et je jette l’éponge

Je suis KO tout nu          Refrain 2

Car tu as confondu

Et pour quel idéal

Le songe sentimental

Et le sentimensonge

Et honni soit qui mal y songe (bis)

 

Refrain 1

 

Pour éviter le vide que tu n’as pas rempli

Pour éviter le monde que tu n’as pas choisi

Pour éviter les pierres poussées dans ton jardin

Pour pousser des soupirs aux croisées des chemins

 

Pour offrir des cadeaux il faut bien les avoir

Et pour voir la lumière il faut sortir du noir

Ca paraît évident il n’y a plus d’évidence

Au monde des chimères les pragmatiques pensent

 

Refrain 2

 

Refrain 1

 

Pour éviter l’amour qui paraît habitude

Pour éviter le bon qui semble certitude

Plus il pleut plus ça mouille plus ça va plus ça rouille

Eviter le miroir ça donne une drôle de bouille

 

Pour éviter les fils qui faisaient trop de liens

Pour éviter les liens par principe subtil

Dans le vide qui t’entraîne il n’y aura plus rien

Qu’une idée bien grossière d’une trop riche idylle

 

Refrain 2

 

  Malysonge

 

 

 

         Poème à Sylvie

 

                                                                           

 

 

Perché sur le rocher qui tient lieu de soleil

Au village posé au fond de la vallée

Je regarde frémir les ombres du sommeil

A pas lents alourdis par l’hiver avancé

 

Puis les âtres allumés aux braises de fayard

Me disent à l’oreille hêtre ou bien ne pas hêtre

Mon sourire s’allume des cendres du hasard

Mais s’efface dans l’ombre les cadres des fenêtres

 

Je suis sûr que je t’aime comme la vie enchaîne

L’air au vent                                        Refrain

Je voudrais que tu m’aimes comme le vent déchaîne

L’ouragan

 

Et la vie se résume aux carrés de lumière

Fugitives passantes silhouettes entr’aperçues

C’est à ce seul instant que les ombres s’affairent

Sans même s’apercevoir que la nuit est venue

 

Et pourtant comme la lune s’accroche à la montagne

A peine basculée pour regarder en bas

La lumière s’étale et doucement elle gagne

Les moments que j’espère pour arriver en toi

 

Refrain

 

Tu es là là derrière ces verres translucides

La barrière est si fine la chaleur est lointaine

Sur mon lac si tendu l’onde se fait des rides

Et je voudrais semer dans ton eau mes « Je t’aime »

 

Je n’ai plus de regards que pour cette lumière

Dans ce carré de bois le monde a disparu

Il ne reste pour moi sur toute cette Terre

Que le mystère de toi dans toute ta peau nue

 

Refrain

 

Il faut que je t’appelle je crois je cris ton nom

« Sylvie » et la forêt s’est retournée vers moi

Dans l’ombre parvenue a ressurgi le nom

Des déesses païennes qui vivaient avant toi

 

Puis les rideaux s’éteignent lentement un à un

Je n’ai rien vu de toi je vais devenir fou

L’air est doux l’ombre saigne ce soir lune chagrin

Je crois qu’il va falloir que je rêve beaucoup

 

Refrain

 

  Poème à Sylvie

 

 

 

         La mue de l’amour

 

                                                                           

 

 

Quoi faire des affaires du vent

Quand il s’est tout déshabillé

Sur le fil du rasoir

Je suis en train d’sécher

On se caresse funambule

Dans les bulles du soir

Dans les rires déments

Des courants d’air de gare

Sur le banc de l’espoir

 

Voici venir enfants qui passent

La mue de l’amour qui se lasse

La peau naît des frissons                     Refrain

Qui la parcourt

Elle se meurt dans le son

Du clairon des jours (bis)

 

Elle se dénude lentement

Par lambeaux elle jette ses gants

Elle arrache le sein d’un corsage

Qu‘elle jette en pâture au passage

A quelques instants carnivores

Puis sous le sang qui la dévore

Rouge elle découpe le latex

Qui lui servait de cache-sexe

Et ouvre ses cuisses à la mort

 

Refrain

 

Quel beau spectacle les enfants

Que de voir ces muscles apparents

Tous ces nerfs qui courent sur la chair

Ces organes ces os ces artères

Les spectateurs jouissent du sang

Qui l’éclabousse glisse et mélange

Une juteuse métamorphose

Alors pousse une nouvelle peau

Sous les bravos elle prend la pause

 

Refrain

 

Puis de nouveau elle recommence

La musique mue à l’unisson

Un saxo a perdu la peau

Pour un verre de whisky trop chaud

Un couteau planté dans la danse

Des frissons qui couvraient son dos

Le barman balaye les notes

Tandis que le piano pianote

Encore quelques glouglous trop chauds

 

Refrain

 

La mue reste grande souffrance

La libellule qui se balance

Abandonne sans un regard

Sa vieille peau dans son placard

Alors qu’à deux heures moins le quart

La streepteaseuse sort une Camel

Enfile son vison caramel

Retouche un p’tit peu son rimmel

Et s’en va au bras d’un jobard

 

Reprise 1° couplet

 

Refrain

 

La mûe de l'amour