Le bal
Le matin bleu
Le matin bleu
La peau d’orange
Que vaguement
J’avais jetée
Nous étions deux
Avec un ange
Tout déplumé
Le matin bleu
Et l’odeur fade
Du tabac que
J’avais fumé
Nous étions deux
Et des baisers
Bien trop usés
Le matin bleu
Bleu sans remord
Brume au-dessus
Des cheminées
Le matin bleu
Avec ton corps
Très fatigué
Le matin bleu
S’en est allé
Tristement seul
Vaguement gai
Il a donné
Un jour nouveau
Mais pas plus beau
Le matin bleu
Le vaisseau fantôme
Je me suis embarqué un jour
Sur un vaisseau fantôme
On m’avait dit mon vieux l’amour
L’amour c’est comme un baume
Tu le passes là où tu souffres
Ca te soulage de suite
Seul’ment fais gaffe c’est comme le souffre
Le plastic et la dynamite
Moi j’lui ai dit j’veux pas l’savoir
Montre-moi où y s’trouve
Je me fais fort moi de l’avoir
Dès qu’je l’ai pris je l’couve
Voile au vent moussaille on y va
Me dit l’squelette en forme
Le soleil était déjà bas
A point pour qu’je m’endorme
Les phares que l’horizon noyait
N’étaient que des chandelles
Qu’une petite brise éteignait
Je cherchais toujours ma belle
Quand le tourbillon arriva
Je me crus seul au monde
Je n’avais jamais connu ça
J’suis entré dans la ronde
Mais quand l’explosion m’a surpris
J’n’avais même pas d’chaloupe
Et toujours je nage depuis
Chaque fois qu’j’vois une terre je la loupe
Je ne peux plus aller à elle
Va falloir que j’l’attende
Sur mon p’tit rocher d’île perdue
Je n’regrette pas d’t’avoir connue
Le vaisseau fantôme
Malysonge
Le sale mental sentimental ment
Il est allemand mains non il est salement banal
Il est salement présent
De cabale en cabale Refrain 1
Le sale mental sentimentale ment
Pour éviter le sang qui sourd par les paupières
Pour éviter le souffre qui sort des fondrières
La lave du volcan pour éviter la guerre
Et pour faire de l’esbrouffe à des statues de pierre
Pour éviter le temps pour mettre des dorures
A des tableaux figés mais beaux dans leur facture
Pour remplir son néant et soigner ses blessures
Et pour faire des brassées de caresses à des murs
Tu as sentimensonge
Tu as sentimenti
Et sentimentrahi
Maintenant tout nous ronge
Maintenant tout nous tue
Et je jette l’éponge
Je suis KO tout nu Refrain 2
Car tu as confondu
Et pour quel idéal
Le songe sentimental
Et le sentimensonge
Et honni soit qui mal y songe (bis)
Refrain 1
Pour éviter le vide que tu n’as pas rempli
Pour éviter le monde que tu n’as pas choisi
Pour éviter les pierres poussées dans ton jardin
Pour pousser des soupirs aux croisées des chemins
Pour offrir des cadeaux il faut bien les avoir
Et pour voir la lumière il faut sortir du noir
Ca paraît évident il n’y a plus d’évidence
Au monde des chimères les pragmatiques pensent
Refrain 2
Refrain 1
Pour éviter l’amour qui paraît habitude
Pour éviter le bon qui semble certitude
Plus il pleut plus ça mouille plus ça va plus ça rouille
Eviter le miroir ça donne une drôle de bouille
Pour éviter les fils qui faisaient trop de liens
Pour éviter les liens par principe subtil
Dans le vide qui t’entraîne il n’y aura plus rien
Qu’une idée bien grossière d’une trop riche idylle
Refrain 2
Malysonge
Poème à Sylvie
Perché sur le rocher qui tient lieu de soleil
Au village posé au fond de la vallée
Je regarde frémir les ombres du sommeil
A pas lents alourdis par l’hiver avancé
Puis les âtres allumés aux braises de fayard
Me disent à l’oreille hêtre ou bien ne pas hêtre
Mon sourire s’allume des cendres du hasard
Mais s’efface dans l’ombre les cadres des fenêtres
Je suis sûr que je t’aime comme la vie enchaîne
L’air au vent Refrain
Je voudrais que tu m’aimes comme le vent déchaîne
L’ouragan
Et la vie se résume aux carrés de lumière
Fugitives passantes silhouettes entr’aperçues
C’est à ce seul instant que les ombres s’affairent
Sans même s’apercevoir que la nuit est venue
Et pourtant comme la lune s’accroche à la montagne
A peine basculée pour regarder en bas
La lumière s’étale et doucement elle gagne
Les moments que j’espère pour arriver en toi
Refrain
Tu es là là derrière ces verres translucides
La barrière est si fine la chaleur est lointaine
Sur mon lac si tendu l’onde se fait des rides
Et je voudrais semer dans ton eau mes « Je t’aime »
Je n’ai plus de regards que pour cette lumière
Dans ce carré de bois le monde a disparu
Il ne reste pour moi sur toute cette Terre
Que le mystère de toi dans toute ta peau nue
Refrain
Il faut que je t’appelle je crois je cris ton nom
« Sylvie » et la forêt s’est retournée vers moi
Dans l’ombre parvenue a ressurgi le nom
Des déesses païennes qui vivaient avant toi
Puis les rideaux s’éteignent lentement un à un
Je n’ai rien vu de toi je vais devenir fou
L’air est doux l’ombre saigne ce soir lune chagrin
Je crois qu’il va falloir que je rêve beaucoup
Refrain
Poème à Sylvie
La mue de l’amour
Quoi faire des affaires du vent
Quand il s’est tout déshabillé
Sur le fil du rasoir
Je suis en train d’sécher
On se caresse funambule
Dans les bulles du soir
Dans les rires déments
Des courants d’air de gare
Sur le banc de l’espoir
Voici venir enfants qui passent
La mue de l’amour qui se lasse
La peau naît des frissons Refrain
Qui la parcourt
Elle se meurt dans le son
Du clairon des jours (bis)
Elle se dénude lentement
Par lambeaux elle jette ses gants
Elle arrache le sein d’un corsage
Qu‘elle jette en pâture au passage
A quelques instants carnivores
Puis sous le sang qui la dévore
Rouge elle découpe le latex
Qui lui servait de cache-sexe
Et ouvre ses cuisses à la mort
Refrain
Quel beau spectacle les enfants
Que de voir ces muscles apparents
Tous ces nerfs qui courent sur la chair
Ces organes ces os ces artères
Les spectateurs jouissent du sang
Qui l’éclabousse glisse et mélange
Une juteuse métamorphose
Alors pousse une nouvelle peau
Sous les bravos elle prend la pause
Refrain
Puis de nouveau elle recommence
La musique mue à l’unisson
Un saxo a perdu la peau
Pour un verre de whisky trop chaud
Un couteau planté dans la danse
Des frissons qui couvraient son dos
Le barman balaye les notes
Tandis que le piano pianote
Encore quelques glouglous trop chauds
Refrain
La mue reste grande souffrance
La libellule qui se balance
Abandonne sans un regard
Sa vieille peau dans son placard
Alors qu’à deux heures moins le quart
La streepteaseuse sort une Camel
Enfile son vison caramel
Retouche un p’tit peu son rimmel
Et s’en va au bras d’un jobard
Reprise 1° couplet
Refrain
La mûe de l'amour