Société
Société - 2 Envoyer
Écrit par Pierre Blois   
 

      Mélina non ne vient pas

 

Mélina, non, ne vient pas !

Si je pleure en t’écrivant ça

C’est que j’ai mal pour mon pays

Ne crois pas ce que l’on te dis

C’est bien fini

 

Liberté égalité fraternité

J’ai honte de vous voir disparaître

Tout ce qui faisait la beauté

Des hommes et cette humanité

Prise en traître

 

Voici l’immigration choisie

Notre utopie s’est fait la malle

A l’étal de la boucherie

Tu peux lire « Morceaux choisis »

C’est égal

 

Oh ! Je sais que tu meurs de faim

Je sais très bien que tu n’as rien

L’injustice de la naissance

Ca ne manque pas d’élégance

Vu de France

 

Les Grands se fichent de ta vie

De tes espoirs de tes envies

De ton pays, mais si de toi

On peut tirer quelque profit

Alors ça va

 

Ici les lois partent à l’envers

Et le cirque est déjà rouvert

Ils ont tous le pouce en bas

Tu es bien trop belle Mélina

Pour ces gens-là

 

  Mélina, non, ne vient pas

 

 

 

         Monsieur et Madame Dupont

 

 

                                                                           

 

Monsieur et Madame Dupont

Leur nom figure

Sur un interphone

Du quinzième arrondissement

 

Un bel immeuble de 1900

Avec des murs très épais

Qu’ils avaient payé sur 115 ans

Des murs qui leur ressemblaient

Le soir on y laissait rentrer

Les informations de télé

On n’était pas sollicité

Par les courtiers les VRP

 

Avant de partir il regardait

Si le temps était un peu gris

Auquel cas il disait « Simone

Veux-tu sortir mon parapluie »

 

Depuis 20 ans le même métro

Le même kiosque à journaux

Le même trajet pour être rendu

Les mêmes idées préconçues

 

De huit heures du matin à cinq heures

Il tamponnait les mêmes papiers

Son chef n’aurait plus qu’à signer

Il partait fier de son labeur

 

Posait son feutre son parapluie

Chaussait ses pantoufles à l’entrée

Disait « Simone je suis là »

Ouvrait l’Parisien Libéré

 

Et voilà Simone qui sert

La soupe de poireau-pommes-de-terre

Et Dupont trouve dans son verre

Ses cachets contre son ulcère

 

Puis c’est l’heure des informations

Sur les vieux meubles outragés tombent

Des images des sons des nombres

Des statistiques des illusions

 

On en reparlera Lundi

Tranquillement avec Durand

On se retrouve tous les midis

A la « Fourchette d’Argent »

 

Puis le Dimanche au Luxembourg

Dans les allées les enfants courent

Ils n’ont pu avoir ce bonheur

La tristesse est douce en leur cœur

 

On a placé pour la retraite

Un capital d’épargne

Et on la passera peut-être

Dans le midi Chez l’cousin Charles

 

C’est alors que sur l’étiquette

Un autre nom apparaîtra

Monsieur Durand Monsieur Dubois

Que la concierge saluera

 

Qui partira au ministère

A huit heures cinq sans s’en faire

Son parapluie son feutre sombre

Sans penser les pensées encombrent

 

Monsieur et Madame Dupont

Leur nom figurait

Sur un interphone

Du 15° arrondissement 

 

  M et Mme Dupont

 

 

 

        On s’emmaillote

                                   

                                     

 

 

On s’emmaillote

On s’met des cottes de mailles

On se tricote

Des souvenirs de paille

 

On s’met sous cloche

Sur un napperon brodé

On s’fait des ronds

Dans de l’eau parfumée

 

 

On s’exotique

A l’aseptique

Système                    Refrain

On s’oxygène

Avec des bulles

D’hygiène

 

On n’participe

Qu’aux discussions stériles

C’est un principe

De protection facile

 

On ne s’exhibe

Que dans des lieux communs

Où l’on s’imbibe

De longues poignées de mains

 

On fait des ventes

On invente

Des revenus

Et l’on dévente

La voile de

L’inconnu

 

Un soir on s’fait

La serveuse du comptoir

Vite fait bien fait

Dans l’arrière-salle du bar

 

On se fréquente

A longs corps que veux-tu

On se lamente

A coups de cœur perdu

 

On terrorise

Cette histoire

Terminée

A l’idée grise

Qu’elle ait des

MST

             

Alors on brise

Ce superbe moment

Qu’on stérilise

En piqûres et calmants

 

On se vaccine

A coup d’amphétamines

On se débine

A coup de cocaïne

 

On se débat

Dans l’idée

Du sida

On désespère

A l’idée

Du cancer

 

Ce s’rait si bête

Que pour une aventure

La vie s’arrête

Comme un crash de voiture

 

On d’vient croyant

Et l’on fait des prières

On met des gants

Pour ouvrir sa portière

 

Et côté sexe

On jure par

Le latex

Vive le râble

De la pou -

Pé gonflable

 

Et vient l’oubli

Tout redevient stérile

Déserte l’île

Et déserte la vie

 

Alors on lave

A grande eau son cerveau

Ce serait grave

Si l’on dev’nait idiot

 

  On s'emmaillotte

 

 

 

                       Pieds nus

 

                                                                           

 

 

 

Eh ! Les enfants regardez bien

Ces gens qui viennent de passer

Trop vite

Maint’nant que vous êtes dans le train

Demandez-vous pourquoi ce TGV va

Si vite (bis)

 

Enlevez                        }

Vos souliers                        }  (bis)

Et continuez de marcher à pieds  }      

 

Pieds nus dans l’herbe molle et fraîche du matin

Pieds nus dans l’herbe rêche brûlante de l’été

Pieds nus sur les cailloux terre tassée du chemin

Pieds nus sur les éteules des champs de blé coupés

 

Pieds nus sur les rochers d’un village opalin

Pieds nus dans les embruns des ponts de bois salés

Pieds nus dans les salins pieds nus sur les pontons

Au vent d’un port breton pieds nus sur la jetée

 

Eh ! Les enfants regardez bien

Le président qui vient de passer

Trop vite

Maint’nant que vous êtes dans le train

Demandez-vous pourquoi sa voiture va

Si vite (bis)

 

Votez                }

Pour le prochain           }  (bis)

Qui n’aura pas d’souliers  }

 

Pieds nus dans les ruelles mal pavées de la vie

Pieds nus sur les cascades de bonheur quand tu ris

Pieds nus dans les flaques étalées sous la pluie

Pieds nus sur les horreurs des infos de midi

 

Pieds nus pour ressentir la Terre qui te nourrit

Pieds nus pour apprécier la mer qui te caresse

Pieds nus pour vénérer les restes de paresse

Pieds nus pour que l’amour enfin porte ses fruits

 

Eh ! Les enfants regardez bien

Ces gens qui viennent de passer

Trop vite

Maint’nant que vous êtes dans le train

Demandez-vous pourquoi ce TGV va

Si vite

 

Enlevez                          }

Vos souliers                        }  ( ad lib.)

Et continuez de marcher à pieds  }  

 

  Pieds nus

 

 

 

         Raccrochez c’est occupé

 

                                                                 

Je ne crois plus à grand- chose d’autre aujourd’hui

Qu’à l’individu qui se bat pour sa vie

Contre toute oppression qu’elle soit celle de l’ennui

Où celle rouge de sang d’un dictateur fantoche

Ou d’un dieu égoïste sécrétant sa mystique

Comme la bile verte d’un gros foie d’alcoolique

Ne me demandez pas où j’ai trouvé tout ça

Ce n’était pas au fond d’un rêve c’était là

 

 

Ne m’appelez plus d’autres planètes c’est superflu

Assez à faire ici

A consoler l’ennui ça suffit

Ne m’appelez plus de Jupiter je ne prends plus

Je débranche mes lignes

Et je pêche à la ligne

 

Je ne crois plus à grand-chose d’autre aujourd’hui

Qu’à l’aveugle qui s’en va vivre sa nuit

Au milieu des étoiles qui le regardent faire

Au milieu des étoiles qui se foutent de lui

Avec son chien devant et tous les cons derrière

Qui voudraient le doubler mais qui ne peuvent le faire

Qui ne comprennent pas d’où viendrait leur retard

A leur naissance déjà il était bien trop tard

 

Refrain

 

Je ne crois plus à grand-chose d’autre aujourd’hui

Qu’à la vie qui coule dans les veines de la nuit

Et qui vient submerger des néons de lumière

Les queues des cinémas des samedis soirs chimère

Pour aller voir des films tournés dans des lieux chers

Pour t’en payer un jour y t’faut trois ans d’salaire

C’est la meilleure façon d’avoir le grand frisson

Et toi d’la bonne bouteille t’avale le bouchon

(Pauvre con )

 

Refrain

 

Je ne crois plus à grand-chose d’autre aujourd’hui

Qu’au rire de la vie sur ce fond de ciel gris

Car les tableaux ciel-bleu reviennent beaucoup trop chers

La signature en bas vaut des millions ma chère

Je me fous bien du bleu pourvu que j’aie lumière

Ca doit bien ennuyer nos dirigeants joyeux

De n’avoir pu taxer pendant qu’il fait bien clair

La centrale qui brille là-haut au bout des cieux

 

Refrain

 

Je ne crois plus à grand-chose d’autre aujourd’hui

Qu’à ce tout petit nuage qui veut guérir ma vie

Qui veut laver mes mots et ma tête de pluie

Qui caresse ma peau et s’appelle poésie

Tant qu’il n’est pas issu d’un champignon magique

D’un ordre général du président des cons

Du petit bouton rouge du pouvoir atomique

L’épée de Damoclès forgée de p’tits neutrons

 

Refrain

 

Je ne crois plus à grand-chose d’autre aujourd’hui

Qu’à cette grosse dame ronde qu’aurait pas mal vieilli

Si seul’ment elle avait occulté son miroir

Pour ne pas voir tous ceux qui lui tartinent son fard

Elle continue quand même à se faire bronzer

Côté cœur côté cul ça continue de tourner

Heureusement pour nous si elle nous envoie paître

Fini d’interroger être ou bien ne pas être

 

Refrain

 

  Raccrochez c'est occupé

 

 

 

         Record

 

                                                                           

 

 

J’ai ramé de la Terre à la Lune

Sur mon frêle esquif j’ai vaincu l’infortune

Et je me suis nourri au cours de mon voyage

De riz Taureau Ailé et de poussière de nuage

 Lyophilisée

 

Sur mon aquaplanche à roulette à pédale

Gonflée sans kérosène mais au jus de banane

J’ai franchi le grand nord traversé l’océan

Et pour gonfler ma voile pas besoin de grand vent

J’disais mon nom

 

Jamais

Ca n’avait été fait

En somme

Je suis comme un surhomme              Refrain

Et c’est moi et c’est moi

Et c’est moi le plus fort l’plus beau le plus musclé

Me voilà me voilà

Préparez les contrats où est-ce que j’dois signer

 

 

Il n’reste plus qu’deux rayons à ma roue d’bicyclette

J’ai d’jà bouffé l’guidon les pneus rien ne m’arrête

Sponsorisé par le syndicat des dentistes

J’ai déjà pris pension chez mon pote garagiste

Tous les midis

 

J’ai aligné tout autour de la Terre

40 000 kms de saucisses et c’est cher

C’est lourd à digérer j’ai été patronné

Olida à la fin m’a offert un casse-croûte

De choucroute

 

Refrain

 

Ca y est c’est décidé j’vais manger ma maison

Phénix c’est plus digeste ça laisse l’estomac net

Quand j’aurai terminé on pourra faire la fête

Les planchers en téflon et les murs en carton

C’est très bon

 

Je me fais construire aux chantiers de St Nazaire

Un immense filet à papillons nucléaire

Surtout ne dites rien ou mon projet est en l’air

J’vais attraper la Lune vous lirez ça dans deux ans

A la Une

 

Poussez-vous donc du coude Messieurs les fanfarons

Si ça vous fait plaisir après tout tout est bon

J’me d’mande si finalement ça valait une chanson

Ca s’ra mon r’cord à moi si elle passe en fin d’compte

Sur les ondes

 

Refrain

 

  Record

 

 

 

                   T.V.

                                                                           

 

 

 

Que voguent les vaisseaux désert

Et brûlent les flambeaux austères

Qui surmontent vos pavillons

Plus de vraies fleurs à vos fenêtres

Plus de chemins dans votre tête

Au fond des forêts illusion

 

Il est mort le charme désuet

Les rêveurs sont devenus muets

Et l’on entend plus sur les ondes

Que des refrains qui nous inondent

Et nous noient dans des flots surfaits

De parasites nous encombrent

 

Que voguent les vaisseaux désert

Sur les ondes radiophoniques

Pour nous mouler notre raison          Refrain

Que déesse télévision

D’un coup de baguette magique

Illumine en nous ses lampions

 

Et de votre seringue image

Inoculez-nous la potion

Qui nous permettra d’être sage

Et de vos somnifères chansons

Envoyez-nous dans les nuages

Pour nous cacher notre horizon

 

L’an deux mille est la vérité

Vous aurez des têtes d’écran

Et des boutons pour la régler

Avec des tas de fils dedans

Que pourrons tripatouiller

Des grands chirurgiens dans vingt ans

 

Refrain

 

( Reprise 1° strophe)

 

Que brûlent les flambeaux austères

De vos pensées conditionnées

Par la fée électricité

Cette entremetteuse pas propre

Qui vous fera payer la note

De vos rêves interposés

 

Refrain

 

  T.V.

 

 

 

              Vers la liberté

 

 

                                                                 

 

J’ai tout laissé dans mon assiette

J’ai posé couvert et serviette

Me suis levé vidé mon verre

Pas un mot envie de me taire

 

J’ai pris un sac bourré en vrac

Et sur le dos un vieux manteau

Du fond d’mes poches tous mes vieux rêves

Sont remontés comme une sève

 

J’suis parti vers la liberté

 

Je ne sais pas si c’est l’chemin

Et dans la nuit j’y vois plus bien

Ils auraient pu mettre des panneaux

J’aurais peut-être trouvé plus tôt

 

J’espère qu’le temps va pas s’gâter

Y manqu’rait plus qu’je sois trempé

J’vais dormir un peu contre un mur

J’aurais pas cru qu’ce soit si dur

 

Pour aller vers la liberté

 

Y a pas un pèlerin sur l’chemin

Même mon ombre s’est fait la paire

Au fond d’mon sac deux trois sanglots

Et mes godillots qui me serrent

 

Déjà plusieurs rêves de paumés

Au-travers de mes poches percées

Ils sont retournés en poussière

J’aurais pas cru qu’ce soit désert

 

Pour aller vers la liberté

 

Franch’ment j’boirais bien un café

J’ai la langue qui colle au palais

J’ai pas pris mon p’tit déjeuner

J’ai même pas emm’né d’quoi bouffer

 

Voilà une bagnole arrêtée

Son deux là-d’dans à s’embrasser

Je vais aller leur demander

S’ils n’pourraient pas m’accompagner

 

Pour aller vers la liberté

 

Salut mon gars y a plus d’essence

Mais c’est pas une question d’distance

Ca fait dix ans qu’on est garé

Ca n’nous empêche pas d’avancer

 

Mais si tu veux tu peux rester

Si tu veux tu peux continuer

Où tu vas on est arrivé

On habite rue d’la liberté

 

             

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                              

 

 

 

         

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                  

 

 

 

 

 
Société-1
Écrit par Pierre Blois   
 

         Allons-enfants

 

                  

 

 

Allons-enfants de la raison

Il y a du sang noir quelque part

Qui abreuve vos sillons

Allons-enfants de ma maisons

Le silence est le char

Qui écrase nos moissons

Pas de chenilles en fer

Pour faire nos papillons

Plus de guenilles pas chères

Pour faire nos illusions

On n’fumera plus le chaume

Ca déprime

En prime

On gardera l’épi

Et puis

Nos paumes

Pétrirons la mie

De l’imagination

 

Allô docteur

J’ai mal au cœur

Je t’appelle sur Minitel

Et Minitel c’est pas tellement

 

Docteur plus de conciliabule            Refrain

Il faut me dire si je fabule

Faut me dire si j’suis condamné

A perdre mon humanité

 

Allons-enfants de mes saisons

Voici le phare du jour de gloire

Qui se pointe à l’horizon

Allons-enfants de ma chanson

Il n’est peut-être pas trop tard

Pour faire la fête des moissons

Pas de menottes en fer

Pour nous tenir les mains derrière

Et plus de muselière

Pour nous obliger à nous taire

On montera dans le train de la vie

Et puis

On secouera l’ennui

Demain

Nos mains

Feront lever le pain

 

Allô docteur

J’ai mal au cœur

Je t’appelle sur Internet

Sur Internettoiement

Fais-moi vomir sur ta moquette                     Refrain

Tout ce que j’ai derrière les dents

Tout ce que j’ai au fond d’la tête

Tout c’que j’ramène du fond des temps

 

Allons-enfants de l’illusion

Taillez-donc tous les étendards

Pour vous en faire des pantalons

Allons-enfants de ma chanson

Fait’s en sorte que tous les canons

Ne servent plus qu’au fond des bars

Demoiselles frottez vos ailes

Il y a des mâles à digérer

Libellules coincez la bulle

Après l’amour faut s’envoler

On fumera plus le foin

Tu deales

Débile

On gardera l’humain

Nos cœurs

En fleur

Feront du bon levain

 

 

 

 

Allô docteur

J’ai mal au cœur

Ca n’s’rait pas l’heure

De ma potion

 

J’ai comme une amertume qui fume                 Refrain

Un peu plus que de raison

Je croule de seconde en seconde

J’ai mal au monde 

 

  Allons-enfants

 

 

 

                  367 tonnes

 

                                                                 

 

 

Ca commença d’une drôle de façon

Au bord du Rhône le ventre en l’air

Trois cent soixante-sept tonnes de poissons

C’est beau c’est grand c’est éphémère

Le poisson

 

La justice s’est saisie de l’affaire

Un an après faut déjà l’faire

PDG directeurs et consort

Sont v’nus au tribunal d’accords

 

C’est pour cela que je m’en vais choisir

En d’autres temps d’autres désirs               Refrain

Mais on n’m’empêchera pas de penser

Que les poissons sont mal barrés

 

On a r’laché le PDG

Qui n’était pas bien concerné

Il venait d’entrer en fonction

On attaqua la direction

 

Mais le directeur c’est pas d’chance

Venait de prendre des vacances

Quand au sous-directeur c’est fou

L’était parti pour Katmandou

 

Refrain

 

Alors de descente en descente

De type en type pas concernés

Absents retirés sous leur tente

C’est Ahmed qu’on a inculpé

 

Ahmed il faut qu’on vous renseigne

C’est une gars qui tient un balai

Qui met la poussière dans une pelle 

Et qui parle à peine le français

 

Refrain

 

L’autorité de ce pays

Sans coup férir l’a renvoyé

Le manche est libre mes amis

Qui veut donner le coup d’balai

 

C’est pour cela que je m’en vais choisir

En d’autres temps d’autres désirs   Refrain

Mais on n’m’empêchera pas de penser

Que les hommes sont mal barrés

 

  367 tonnes

 

 

 

                  Agent de voyage

 

 

                                                                           

 

J’travaille depuis que je suis né

J’crois bien

Derrière de grandes vitres fumées

J’crois bien

Qu’elles sont là pour me protéger

Du soleil et du bleu d’azur

 

J’suis derrière un joli bureau

C’est sûr

Avec des tas de prospectus

Sûr

Le monde entier (bis)

Deux téléphones deux cendriers

 

Devant moi il y a un fauteuil profond

Pour tous ces gens ces gens qui s’en vont

Grâce à moi (bis)

Au début j’y pensais pas

 

Le soleil luit il fait pas d’histoire

Il n’arrête pas de briller pour moi

Sur le papier papier glacé

Mais ce ne sont que reflets de néon

Mon vent du large il est conditionné

Et c’est pas bon pour ma santé

 

Au fond de ma tête il y a des bateaux

Des horaires de trains d’avions cargos

Des lignes spéciales et des charters

 

Et tous les soirs en rentrant chez moi

Au hasard d’un gros catalogue

Je m’envole je marche je vogue

 

Et le soir enfoui dans ma nuit

J’ai des femmes de tous les pays

De toutes couleurs dans mon lit

 

Au début je n’y pensais pas

Peut-être j’aurais pu partir

Mes yeux auraient joint mon désir

 

Les années les jours et les heures

Ont passées depuis ce temps-là

Maint’nant dans mon ennui j’ai peur

 

  Agent de voyage

 

 

 

Aline, world is changing

 

Le monde bouge

Le rouge est mis

Tournent les songes

Tournent les vies

La rouille ronge

L’éponge mouille

De sueur d’envie

L’homme qui trime

A mauvaise mine

World is changing

 

Comme un bel arbre

Etait planté

Un coup de sabre

L’a bien coupé

Depuis il erre

Sur cette Terre

Voudrait peupler

Tout l’Univers

Avec Aline

World is changing

 

Aline aussi

A bien poussé

Elle a compris

L’a imité

Quel manque d’i

-magination

Non Aragon

Pas d’illusion

Avec Aline

World is changing

 

En quoi en peur?

Les rois ne pres

-sent plus les serfs

Ce sont les stress

Et les nerfs

Qui font qu’ils res

-tent en sueur

Plus de mineurs

Reste la mine

World is changing

 

Qu’est-ce qui remplace

Dans le miroir

La mine noire

Des travailleurs ?

La mine noire

De ces chômeurs…

C’est pas la peine

Ce sont les mêmes

Fermez l’usine

World is changing

 

Derrière leur dos

Croisent les doigts

De beaux salauds

Qui n’ont pas froid

Pour que ça dure

Mais ces ordures

Creusent le trou

A l’allure où

S’en va la Chine

World is changing

 

 

Sage remplace

Par du concret

C’est le progrès

Qui se déplace

Car il s’avance

Le Capital

Là où sa danse

Le mieux s’étale

L’argent s’obstine

World is changing

 

Ouvrez les yeux

Regardez mieux

Non rien ne change

Mais tout dérange

Car tant que l’homme

Reste le même

Il sera le ver

Dans sa pomme

La Terre se mine

World is changing

 

  Aline, world is changing

 

 

 

         Broyeur de noir

 

 

                                                                           

                           

 

La routine tue

La patine pue

Elle tapine

Au coin d’la rue

 

Mets les patins

Sur la patine

Pour un tapin

Sort ton platine

 

Et la routine

Sur la platine

Tourne sans fin

Jusqu’au matin

 

Tu te débines

Pour ton turbin

Et la turbine

Te casse les reins

 

Il est broyeur de noir

Dans une fabrique d’espoir               Refrain

Avec contre sa peau

La clé de l’entrepôt

 

Et tous les soirs

Tu bois le bar

Qui s’illumine

De désespoir

 

Où des barbares

Tuent le temps mort

La peau du sort

Collée au corps

 

Et la patrouille

Passe et s’arrache

Et te décoche

Un regard vache

 

Enfin tu t’étends

Sur ton pieu

Regrettant de

N’avoir fait mieux

 

Refrain

 

Où est la clé

Qu’est-ce qu’il faut faire

Où est la fée

Qui coûte pas cher

 

Où est l’amour

Qui dure toujours

Où est la vie

Qui fait envie

 

Que font donc ceux

Qui sont aux cieux

De leur puissance

De leur substance

 

Beaux comme des œufs

Dans l’élégance

D’un discours vieux

Vide de sens

 

Refrain

 

Dans le silence

Du trottoir noir

Où tu te balances

Tous les soirs

 

Y- a plus de place

Pour des histoires

Plus que la glace

De ton miroir

 

Fermé le bar

Sur la nuit noire

De ta soûlerie

De ton ennui

 

Prends tes outils

Brise les chaînes

Il n’y a plus d’à -

Peu près qui tiennent

 

Refrain

 

  Broyeur de noir

 

 

 

                  Bucolique

 

                                                        

 

 

Il était une fois un gros corbeau perché

Ce corbeau noir luisant en fait était curé

Il donnait des petits morceaux de son fromage

A de gentils moutons s’ils avaient été sages

Que c’est beau que c’est beau }

Quelle belle page d’humanité   }    bis

 

La vache paisible paissait en pétant sur son pré

Elle faisait le miracle de changer l’herbe en lait

Oh ! Mon Dieu quelle beauté quel petit paradis

Si elle chie sur sa table c’est à peine sali

C’est joli c’est joli             }

Quel bel exemple de vie  }    bis

 

Et si le grand coq chante de si bon matin

Ce n’est pas pour chasser les humeurs de la nuit

Mais bien pour faire partir toutes ses poules au tapin

Dans la vie mes enfants y a pas qu’la poésie

C’est pas mal c’est pas mal  }

Quoiqu’un peu matinal          }    bis

 

Car si le grand loup fait de si jolis discours

Loup au sourire si doux à toute la basse-cour

C’est bien pour mieux cacher qu’il a de grandes dents

C’est pour mieux vous blouser vous croquer mes enfants

La galette la galette       }

Ca fait la vie plus gaîte  }    bis

 

Vous croyez qu’les oiseaux poussent des cris joyeux

C’est pas pour le plaisir de vos ouïes de vos yeux

C’est parc’que Mistigri qui ronronne au salon

A bouffé leurs petits le gentil chat mignon

Plus qu’les plumes plus qu’les plumes  }

Il a laissé l’costume                                }    bis

 

Si la lapine cache ses p’tits au fond du nid

C’est pas pour leur t’nir chaud ou pour leur donner l’sein

C’est pour ne pas qu’ils claquent d’un arrêt cardiaque

A voir vos p’tites oreilles comme vous êtes vilains

La lapine la lapine              }

Ah ! Ca c’est une maligne  }    bis

 

La jolie marguerite que vous cueillez poètes

L’effeuillant de deux doigts « Je t’aime un peu beaucoup… »

Si vous laissiez un peu le temps faire sa fête

Vous verriez qu’ça fini toujours par pas du tout

J’ai Bonheur j’ai Bonheur  }

Oh ! Toi t’es un tricheur    }    bis

 

  Bucolique

 

 

 

                                              

         Donne un caillou

 

 

                                                                                    

 

Dans les couleurs mystère de l’aurore idéale

Viennent se chevaucher des ors et des gemmes

Mais pour tout l’or du monde aux couleurs de scandale

Je ne monnayerai pas mes rêves et mes « Je t’aime »

 

La valeur c’est pas l’heure pas l’argent pas le temps

La valeur c’est chaleur ou froid selon le vent

La valeur c’est couleur ou grisaille ou passion

C’est le rêve et la chair saison des illusions

 

Si passe la quête donne un caillou

Et si l’on t’inquiète chante avec nous

La richesse est la Terre mais elle n’est à personne          Refrain

La Terre me donne une pierre un caillou je te donne

Moi je n’ai rien du tout

Je passe un point c’est tout

 

C’est la neige allongée sur l’hiver qui s’avance

C’est l’oisillon blessé ou le puits qui s’assèche

Quand le printemps fut doux et que l’été s’élance

Sur les pentes grillés et les écorces rêches

 

C’est ton cœur qui bat fort quand ma main s’en approche

Le brillant de tes yeux dans les rayons de lune

La douceur de ta peau dans la nuit qui s’allume

Tout le plaisir qui reste avant que la mort fauche

 

Refrain

 

La valeur c’est le vent qui apporte les graines

Fait bouger mon bateau et mène les nuages

La valeur c’est la pluie qui coule sur ma page

Et le feu qui la sèche et mes mots qui se sèment

 

C’est l’horizon du monde hors de toute vision

L’universalité dans l’esprit qui se penche

C’est l’avenir perdu de ces fausses passions

Les tiroirs de ta tête où les espoirs se rangent

 

Refrain

 

  Donne un caillou

 

 

 

                  Enfants de la Terre

 

                                                                                               

 

 

Enfants de misère pardonnez-nous

Enfants de misère vos pères sont fous

Qui pressent la Terre et les cailloux

Pour faire du jus d’or et de bijoux

 

Enfants de misère vous mourrez tous

Sur un front de terre où rien ne pousse

Ils créent deux ou trois associations

Et leurs chiens crèvent d’indigestion

 

Ouvre tes grands yeux

Tout le ciel bleu

S’y voit

Ouvre tes grands yeux      Refrain

Tout le ciel bleu

S’y noie

 

Enfants des frontières passerez-vous

Enfants des frontières où jouerez-vous

Sur le fil barbelé de fer

Funambules enfants de la guerre

 

Enfants du mystère au fond des trous

Croix de bois croix de fer vos pères sont fous

Au jeu de la mort ou de la vie

S’ils ne donnent la mort vos pères s’ennuient

 

Refrain

 

Enfant de la Terre joue à la vie

Te laisse pas faire le temps s’enfuit

Ne prends pas de sang pour tes châteaux de sable

Car la guerre ne déchire que des chairs misérables

 

Enfants de la Terre pardonnez-nous

Enfants de la Terre vos pères sont fous

Poussés par le pouvoir et par l’orgueil

Sans voir l’énorme poutre qu’ils ont dans l’œil

 

Refrain

 

  Enfants de la Terre

 

 

                  Fais un pas

 

                                                                                                                                                                

 

Dans le monde sans fond des tempêtes éternelles

Se lèvent des vagues de sang sous le vent de la haine

Dans le désert vivant le flot sortant des veines

Fera plus de ravages qu’un nuage de sauterelles

 

Ma belle aurions-nous peur d’affronter ces instants

Où les larmes sont rouges où plonge le couteau

De la méconnaissance dans le cœur d’innocents

Et serions-nous coupables de ne pas être idiots

 

Fais un pas vers l’amour

Fais un pas vers le jour

Le seul sens de la vie

Le seul qui t’enrichit                         Refrain

Un pas pour mieux connaître

Un pas pour mieux se mettre

A table

Et ne craint plus

D’être vulnérable

 

Le temps est à la foi trop lent ou trop rapide

Il n’est pas adapté au rythme des humains

L’originelle naissance a déjà pris des rides

Mais on trucide toujours sans arrêt son voisin

 

La convoitise s’étale comme une confiture

Qui se colle au palais des rêves qui s’enchaînent

Il n’y a pas de demain pour trouver l’ouverture

Car l’ombre de l’amour sera toujours la haine

 

Refrain

 

Toujours le même squelette sous le plus beau châssis

Le sperme des noirs est blanc celui des juifs aussi

La seule chose qui change c’est le cercueil de chêne

Avec des poignées d’or et couvercle d’ébène

 

La seule chose qui perdure c’est le temps qui regarde

Immuable et serein planté comme un vieux garde

Tous les hommes passer de la vie à trépas

En se méfiant des autres sans avoir fait un pas

 

Refrain

 

  Fais un pas

 

 

 

                  Gavotte    

 

                                                                                    

 

 

   

Laisse aller et les pavés

Se changeront en fleurs des prés

Laisse aller fontaine tarie

Retrouvera son flot de vie

 

Laisse aller Bretagne polluée

Respirera son air d’été

On dansera encore la vie

A Pont-Aven à Pontivy

 

Aussi doux que dire ton nom

Reviendront naître petits moutons          Refrain

Aussi doux que nuages mauves

Tes yeux s’ouvriront comme roses

 

 

Y aura plus d’bestiaux dans les zoos

Le père Noé f’ra plus d’cadeaux

V’là prochain déluge qui s’apprête

Ca rinc’ra l’savon dans nos têtes

 

Laisse aller le raisin d’été

Ca f’ra du vin pour nos idées

S’il vient une fois l’été passé

C’est pour qu’l’hiver nous soit plus gai

 

Refrain

 

J’ai envie d’faire l’amour avec toi

Mais il paraît qu’y a du mal à ça

J’sais plus du tout qui a dit ça

Mais ça m’gêne encore un peu sous les bras

 

Laisse aller la pluie est jolie

Elle a des reflets vert-de-gris

Elle colle la chemise à ta peau

Je sens qu’la mue monte aux rideaux

 

Refrain

 

Laisse aller le rouge est mis

Le studio tourne une tranche de vie

Y a toi pis moi pis elle et lui

Qui est-ce qu’a dit qu’on a d’l’ennui

 

J’veux être furet pour être dans l’trou

Lapin belette voyou hibou

J’veux mettre ma tête où tout est doux

Cacahuètes mirliton et tout

 

Refrain

 

Laisse aller ton corps pis tout

Tes seins deviennent fusées c’est fou

Les mains sont douces sur tes reins

Ca fait drôle mais ça fait du bien

 

Laisse aller dansons serrés

Ca f’ra plus chaud ça f’ra plus gai

Puisque nos doigts se sont soudés

On ne pourra que se rapprocher

 

  Gavotte

 

 

 

                  Il avait le temps

 

                                                                           

 

 

Il s’est couché près d’une pierre

L’a regardée bien longuement

Puis il a pris une autre pierre

L’a déposée sur la première

Il a mâché un peu de terre

Qu’il a glissé entre les pierres

Ses mains touchaient au cœur de terre

Il s’est redressé doucement

 

Faut dire qu’en c’temps il avait l’temps

Puisque le temps n’existait pas

C’était l’bon temps Monsieur Durand          Refrain

N’vous en faites pas ça reviendra

 

Il s’est allongé sous un chêne

L’a regardé bien longuement

En a brisé une longue branche

Qu’il a caressé bien longtemps

La terre et l’eau le bois la pierre

Il a rassemblé les morceaux

Et puis tranquille même pas fier

Il s’est endormi sur le dos

 

Refrain

 

  Il avait le temps

 

 

 

         J’irais mâcher mes rêves

 

                                                                           

 

 

Le ciel est calme et pâle

Et la neige l’avale

Le sable blanc s’étend

Et la mer l’attend

A l’ombre des feuillages

Un primate sans âge

Ecoute passer le vent (bis) 

 

J’irai mâcher mes rêves

Comme une feuille de coca

J’irai boire la sève

Au pied d’un hévéa

Sur l’atoll d’Anaa

Fumer la fleur du vent

De mon crâne béant

 

Pourras-tu dire au monde

Lorsque tu le verras

Qu’il continue sa ronde

Sans moi

Je chante pour des prunes  Refrain

Je danse sous la lune

Comme un pierrot lunaire

Qui pleure pour ses chimères

Et pour toi

 

On ne regarde pas

Derrière le souvenir

Sous la fleur du passé

Vient mourir l’avenir

Il y a le sang qui pleure

Dans les veines fanées

Dans les cœurs arrêtés (bis)

 

Toutes ces pendules mortes

Aux rouages tordus

N’entrouvrent plus la porte

Du bonheur attendu

On a repeint les grilles

D’une couleur dorée

Mais elles restent fermées

 

Refrain

 

Au musée des poussières

L’humanité s’endort

Momifiée et austère

Sous des bandelettes en or

Sur du papier glacé

Elle repose sa tête

Désertifiée ( bis)

 

Dans la jungle cité

Toutes ces ombres nubiles

Se lancent des regards

Comme à des proies faciles

Mais leur double se jette

Par une fenêtre ouverte

Au pavé suicidé

 

Refrain

 

Les mots ne sont plus rien

Tous dans la même main

Et les même discours

Ne fleurissent plus les cours

Les derniers de nos dieux

S’ils ne sont morts hier

Nous ont fait leurs adieux (bis)

 

Si l’œil bleu du lagon

Aux paupières de corail

Reste ouvert sur le ciel

Comme un appel qui baille

Vibrante sous l’alizé

Il perle à son côté

Une larme de sel

 

Refrain 

 

  J'irai mâcher mes rêves

 

 

 

         La bergère

 

                                                                 

 

 

 

Il était une bergère patapon

Il était une bergère

Il était une bergère patapon

Qui gardait ses moutons (bis)

 

Vint à passer par-là tralala

Le prince du village

Vint à passer par-là tralala

Le prince du canton (bis)

 

Le prince s’est arrêté tralalé

En voyant la bergère

Le prince s’est arrêté tralalé

Il a mit pied à terre (bis)

 

Cette fois-ci pas de noce tralalère

Pas de chaussons de vair

Cette fois-ci pas de noce tralalé

La prince l’a troussé (bis)

 

Lorsqu’il eut consommé tralalère

La chair de la bergère

Lorsqu’il eut consommé tralalé

Le prince s’en est allé (bis)

 

Le prince est retourné tralala

A ses affaires d’état

Le prince est retourné tralalé

Dans son château doré (bis)

 

La bergère a pleuré tralalère

La bergère a pleuré des nuits entières

La bergère a pleuré tralalé

Puis elle a accouché (bis)

 

Son enfant lui ressemble tralalère

Son enfant lui ressemble

Il a les yeux trop grands tralalère

Des contes pour enfants (bis)

 

Bergère si un prince tralalère

Bergère si un prince

Vint à passer par-là tralalère

Ferme-donc la barrière (bis)

 

Y a tant de pastoureaux tralali

Qui sont jeunes et gentils

Y a tant de pastoureaux tralali

Pour garder ton troupeau (bis)

 

Il était une bergère patapon

Il était une bergère

Il était une bergère patapon

Qui gardait ses moutons (bis)

 

La bergère 

 

 

 

              La chaise du président

 

                                                                                    

 

 

Messieurs les grands prenez vos aise

On ne défile pas souvent

Quatorze juillet votre chaise

Bien reluisante vous attend

 

Je le sais bien il fut un temps

Où l’on vous transportait dedans

Depuis des têtes sont tombées

Folklore n’a pas résisté

 

Pourtant y en a un qui persiste

Tous les ans au quatorze juillet

L’obélisque sage y assiste

Celui-là s’il pouvait parler

 

Peut-être toujours vénère-t-il

Thèbes l’antique le dieu Amon

De la onzième dynastie

Que reste-t-il mon colon

De la onzième dynastie

Que reste-t-il mon colon

 

De magnifiques pyramides

Et quelques grandioses ruines

Et quatre mille années de sciences

Dont nous avons perdu l’essence

 

Egypte antique on t’a volé

Un bout de ta grandeur passée

Encore eut-il fallu t‘apprendre

Encore eut-il fallu comprendre

 

Egypte antique on t’a volé

Pour mettre au bout d’un défilé

L’obélisque qui doit se marrer

Tous les ans au quatorze juillet

 

Quelle honte pour vos armées

Ca ne doit pas l’impressionner

De vous voir grondant débouler

Du haut de vos Champs-Élysées

 

Messieurs les grands prenez vos aises

On ne défile pas souvent

Quatorze juillet votre chaise

Bien reluisante vous attend

 

L’emblème de notre sagesse

C’est la chaise du président

Et nous l’ôterons de ses fesses

Pour l’exposer à tout-venant

 

Messieurs les grands prenez vos aises

On ne défile pas souvent

Quatorze juillet votre chaise

Bien reluisante vous attend

 

Faites défiler vos soldats

Faites-nous défiler tout autant

Le privilège du manant

C’est de suivre votre enterrement

Le privilège du manant

C’est de suivre votre enterrement

 

Reprise des 4 premiers couplets

 

(Variante fin)

De la cinquième république

Que reste-t-il mon colon

De la cinquième république

Que reste-t-il mon colon

 

  La chaise du président

 

 

 

         La clé du paradis

 

                                                                           

 

J’ai soulevé les pierres des chemins escarpés

J’ai plongé dans la terre mes mains ensanglantées

J’ai soulevé les roches des torrents de montagne

J’ai écarté le voile des instants qui s’éloignent

 

J’ai transpercé les toiles des peintres du mystère

J’ai erré sur le môle des départs pour Cythère

J’ai cherché dans le son des symphonies du monde

De l’équateur aux pôles jusqu’aux îles de la Sonde

 

 

J’ai sondé des frontières baignées du sang des hommes

Quand j’croisais un pommier je cherchais sous les pommes

Dans le cœur des volcans et dans le fond des glaces

Dans les derniers rayons de ce soleil qui passe

 

Dans la graisse des machines cliquetants engrenages

Dans la tête des fous et dans celle des sages

J’ai lu tous les écrits jusqu’à la dernière page

J’en ai les yeux brûlés j’ai vu toutes les images

 

Dans les flèches des Parthes dans le talon d’Achille

La rigueur des Spartiates les films de B. de Mille

Dans les métros de sueur bringuebalants de fatigue

Quand j’croisais un figuier je cherchais sous les figues

 

Au fond du cœur des femmes et dans la lueur des drames

Dans leur sexe fruité et sous leur peau diaphane

Dans l’amour ambiguë des serveurs de Sodome

Les rêves écartelés fuyants les mains des hommes

 

J’ai cherché dans le son des canons en furie

Dans les chairs éclatées dans les regards meurtris

Dans le calme des brumes d’une Irlande rougie

Et dans les bégonias de vos balcons fleuris

 

Des larmes de crocodiles aux larmes des sirènes

Des mensonges des édiles jusqu’au chant des baleines

Dans le cœur de la mort dans le cœur de la vie

Il n’y a jamais eu de clé d’un paradis

 

  La clé du paradis

 

 

 

         La ferme des célébrités

 

                                                                                                                          

 

Il paraît qu’on s’amuse ferme

A la ferme des célébrités

Que dans les volcans de l’Auvergne

Les paysans sont tous flippés

Marguerite ne veut plus se faire traire

Qu’avec des dentelles de Cholet

Paulo l’taureau n’lui fait plus son affaire

Qu’si elle est en string et balconnets

 

La qualité du laitage

Est en baisse à ce qu’il paraît

D’puis qu’un trou du cul de passage

A été saisi sur le fait

Peu intéressé par le pis

De Marguerite pourtant Bardot

Il étudiait sur le vit

La manière de traire un taureau

 

Il paraît qu’on s’amuse ferme

A la ferme des célébrités

Que dans les volcans de l’Auvergne

Les paysans sont tous flippés

Voir l’autre éclaircir le persil

Comme si elle s’épilait l’maillot

Ca leur fait monter du souci

Jusqu’à la limite du tricot

 

Quand à la reine du néon

On demanda un potiron

Elle arracha la raie entière

Pour faire d’la place aux courtilières

L’aut’ disparue dans la nature

Menant le troupeau en pâture

Les chèvres nous l’ont adoptée

Le bouc aussi c’est un progrès

 

Il paraît qu’on s’amuse ferme

A la ferme des célébrités

Que dans les volcans de l’Auvergne

Les paysans sont tous flippés

Elle a fait le sabot des vaches

Grâce au vernis pour ongulés

Et leur fait la queue en panache

A grands coups de fer à friser

 

Ca fait désordre quand près de l’auge

Il amène la pâté de son

A celle qui vapeur de ménopause

Se roule nue au lisier blond

Insensible à ses bêtes croui-croui

Et à son odeur aigrelette

Oui il se la tape en levrette

En la prenant pour une truie

 

Il paraît qu’on s’amuse ferme

A la ferme des célébrités

Que dans les volcans de l’Auvergne

Les paysans sont tous flippés

S’ils nous piquent not’ crénom d’boulot

Y a pas vraiment de quoi s’en faire

On tourn’ra l’émission d’enfer

On fera l’seizième du péquenot

 

Avant célèbres je n’sais s’ils sont

Mais après le seront c’est sûr

Tous assis dans le fameux rond

A la table du roi Arthur  ( bis )

 

  La ferme des célébrités

 

 

 

                  La voie lactée

 

                                                                 

 

J’avais acquis une concession

Un petit bout de rêve à moi

Et dans cette poussière d’étoiles

Je m’sentais bien il faisait bon

 

On m’a vendu ma Voie Lactée

Un promoteur immobilier

Va y faire construire des planètes

Pour les gens riches en mal d’aimer

 

Oh ! Moi bien sûr c’est pas pareil

Je croyais qu’elle m’appartenait

Depuis le temps que j’la r’gardais

Depuis le temps que j’y rêvais

 

On m’a vendu ma Voie Lactée

Et des vieilles aux rides dorées

Vont pouvoir aller s’y tremper

Pour se rajeunir les idées

 

Je n’aurai même plus les moyens

D’y faire un tour de temps en temps

J’ai perdu en un rien de temps

Ce que j’avais gagné pour rien

 

On m’a vendu ma Voie Lactée

Et ses étoiles vont orner

Les restaurants et hôtels chics

Aux infinis panoramiques

 

On m’a vendu ma Voie Lactée

Car il faut maintenant acheter

Sa part de rêve son temps d’aimer

On m’a vendu ma Voie Lactée

 

  La Voie Lactée

 

 

                  Le berger

 

                                                                           

 

Un quart de pomme épluché

Un demi fromage coupé   Refrain

Une tranche de pain séché

Sur la table du berger

 

Le berger est mort hier

J’ai suivi son enterrement

Pas de gens en noir derrière

Et pas de curé devant

 

Il aurait pu être roi

Ou peut-être député

Il n’a pas voulu je crois

Avoir de notoriété

 

Refrain

 

Il préférait les étoiles

Aux néons des grandes villes

Et puis le chant des cigales

Au bruit des automobiles

 

Il y avait comme un sourire

Perdu sur sa face pâle

C’était son dernier désir

Son dernier rayon d’étoile

 

Refrain

 

Le berger est mort hier

J’ai suivi son enterrement

Les moutons marchaient derrière

Et ses étoiles devant

 

Refrain

 

Le berger 

 

 

 

                  Le clochard

 

                                                                 

 

 

La dame au léopard

Au fond de sa Jaguar

Caresse son caniche noir

Et se remet du fard

 

Le gros homme au cigare

Fait des ronds dans le noir

Et se croit bien peinard

Au fond de la Jaguar

 

A la vitre fumée

Bien fermée vient taper           Refrain

Un clochard enrhumé  ( bis )

 

Le feu rouge est coincé

Le chauffeur est paumé

Plus moyen d’avancer

Sur les Champs-Élysées

 

« Chauffeur si vous pouviez

Lui dire de s’en aller

Le chien va s’énerver

Il doit sentir mauvais »

 

Refrain

 

« Messieurs-dames s’il vous plaît

Pour moi un p’tit billet

Il faut pas m’en vouloir

S’il me reste le pinard

 

Avant j’étais dompteur

Sur la piste chaleur

Scintillement des yeux

Maint’nant je suis trop vieux »

 

Refrain

 

Alors gorille sortit

Sur ses souliers vernis

Contourna la jaguar

Monta sur le trottoir

 

Repoussa le clochard

Qui tomba dans le noir

Epouss’ta son costard

Rentra dans la Jaguar

 

Refrain

 

Cirque Champs-Élysées

Le coup d’fouet a claqué

Les deux yeux allumés

Le clochard s’est dressé

 

Gorille et léopard

Jaguar et gros cigare

Y a plus près du trottoir

Qu’un bout de costard noir

 

Refrain 

 

  Le clochard

 

 

 

 

               Le train de 7 h 22

 

                                                                           

 

J’ai la tête faite comme un hall de gare

Où les berceaux rangés s’apprêtent au départ

Les fées volettent idiotes et sèment au hasard

L’héritage obsolète d’un passé révolu

 

Du fond des baladeurs des rappeurs donnent l’heure

Avec des sons rongés par la rouille des cœurs

L’heure des départs bafouille au fond des haut-parleurs

Pour des lieux ignorés avenir inconnu

 

Demain c’est comme hier

J’prendrai un Picon-bière

Le train d’7 h 22

Du sable plein les yeux

J’pisserai dans la cuvette

Mes rêves roses et bleus

J’gratt’rai une allumette

Je m’réveillerai plus vieux

 

Vers des quais où attendent des parents bien rangés

Avec leur p’tit pique-nique avec leur p’tit panier

Portant le même masque stérile sur le nez

Et des paquets de couches-culottes parfumées

 

Les fées passent et jettent des dragées bleues et roses

Des dragées au Napalm et des dragées au plomb

Pour ceux qui ne naissent pas où la paix se repose

Des dragées nucléaires et des petits neutrons

 

Refrain

 

La fortune a toujours sa corne d’abondance

Mais elle a sagement gardé les yeux bandés

D’un geste ample et gracieux elle distribue sans cesse

Alentour à l’avance plein de SMIC et de CES

 

La fortune a gardé la lune pour alliée

Autour de ton nombril sans arrêt elle gravite

La grande horloge grince pour ton temps limité

Mais toi tu n’atteindras jamais le satellite

 

Refrain

 

Pour ceux qui sont pourvus l’ennui est sans limite

C’est le discours des fées pour ceux qui n’le sont pas

Les fées sont délicates les fées sont hypocrites

Elles distribuent les fèves à ceux qu’en ont déjà

 

Au-dessus des berceaux danse le goupillon

Au fond de l’air du soir balance l’encensoir

Pour un plus tard meilleur et une vie en haillons

Donne tes ronds tes prières pour mériter l’espoir

 

Refrain

 

Et les convois s’ébranlent dans des étincelles bleues 

Ou roses c’est selon mais ils n’veulent pas l’savoir

Et les ventres des gares accouchent de miroirs

Où les rêves s’égarent des trains au fond des yeux

 

Les trains dans les tunnels projettent leur semence

Et les montagnes accouchent de dents de fer qui grincent

La mer pose son sel sur le sable et s’élance

Il n’y aura pas d’enfant pour nous sauver demain

 

Refrain

 

Tu fais l’erreur de croire dans le temps qui t’entraîne

Que ce n’est pas toi qui a semé la graine

Ta naissance est de taille et ton envie profonde

Ta naissance est l’essence de la faille d’un monde

 

Responsable du sable qui file au sablier

Et des châteaux de sable qui coulent entre tes mains

Tu cherches la terre arable où pouss’raient tes idées

Mais sur le mauvais quai t’attends le mauvais train

 

Refrain

 

  Le train de 7h22

 

 

 

               L’ Europe Express

 

                                   

 

 

La dame en moleskine

Sur le tapis de velours

Remonte ses jarretelles

De soie au petit jour

Pleine son escarcelle

Mauves ses paupières lourdes

Elle allume une Camel

Et se remet de la poudre

La dame en moleskine

Dans son compartiment

Regarde le petit jour

Revenir au présent

Et dans la somnolence

Du Train transcendantal

Europe-Express

Elle se caresse les fesses

Distraitement       

 

 

Le monsieur en suédine

A ôté ses lunettes

A plié sa pochette

De soie au petit jour

Dans son attaché-case

Il a rangé les cases

Qui lui servent de tête

Dans les briefings de base

Le monsieur en suédine

Dans son compartiment

Soupire en se souv’nant

D’la dame en moleskine

Et dans la somnolence

Du train transcendantal

Europe-Express

Il se gratte les fesses

Nonchalamment

 

 

Le p’tit gars en feutrine

A fumé sa moquette

Couché sur la banquette

Verte du petit jour

Il a la tête ouverte

Sur des rêves d’amour

Des seins des jambes offertes

Sur des tapis d’velours

Le p’tit gars en feutrine

Dans son compartiment

Soupire en se souv’nant

Qu’il n’a pas d’argent

Et dans la somnolence

Du train transcendantal

Europe-Express

Il se touche le sexe

Négligemment

 

 

Le banquier en lustrine

Range son double bedon

Le gras double s’obstine

Et sort du pantalon

Dans les trépidations

Du train qui va ses rails

Voudrait les attouchements

Des caravansérails

Le banquier en lustrine

Sous son double menton

Rêve d’une ballerine

Qui s’rait un p’tit garçon

Et dans la somnolence

Du train transcendantal

Europe-Express

Son doigt boudiné s’tend

Vers son fondement

 

 

La dame en moleskine

Sur son tapis d’velours

Démonte ses jarretelles

De soie au petit jour

Pleine son escarcelle

Mauves ses paupières lourdes

Elle écrase sa Camel

Se débarbouille sa poudre

La dame en moleskine

Dans son compartiment

Regarde le petit jour

Revenir au présent

Et dans la somnolence

Du train transcendantal

Europe-Express

Rêve Dame Liberté

D’faire un autre métier 

 

  L'Europe Express

 

 

 

         Les bananiers

 

 

                                                                                    

 

 

 

J’avais trouvé une île une île une île

J’avais trouvé une île perdue dans l’océan

J’étais parti pour faire pour faire pour faire

J’étais parti pour faire des tas d’bébés Oran-outang

J’étais parti pour dire pour dire pour dire

J’étais parti pour dire merde à cette société d’truands

 

Ils ont juste gardé

Deux ou trois cocotiers

Avec le reste Madame

Ils ont fait des cabanes                             Refrain

Où viendront habiter

Où viendront gigoter

Les gentils vacanciers

Du Club Méditerranée

 

J’avais trouvé une terre une terre une terre

J’avais trouvé une terre où pousseraient mes bananiers

J’étais parti pour faire pour faire pour faire

J’étais parti pour faire un joli petit coin de paix

J’étais parti pour dire pour dire pour dire

J’étais parti pour dire merde à cette société d’paumés

 

Ils ont juste gardé

Deux ou trois bananiers

Car sur le reste Madame

Couvert de macadam

Pour parcourir mon île

Roulent les automobiles

Des gentils vacanciers

Du Club Méditerranée

 

J’ai trouvé une rivière une rivière une rivière

J’ai trouvé une rivière où les poissons nageaient en paix

Je suis parti pour faire pour faire pour faire

Je suis parti pour faire un joli petit coin de paix

Je suis parti sans rire sans rire sans rire

Je suis parti sans rire Il n’y avait pas de quoi s’marrer

 

Ils ont juste gardé

Deux gouttes d’eau polluée

Car pour le reste Monsieur

Ils ont construit des jeux

Mickey Mac Do débiles

Accueillent sur mon île

Les gentils vacanciers

Du Club Méditerranée

 

J’ai trouvé une étoile une étoile une étoile

J’ai trouvé une étoile qui n’était pas mal exposée

Je suis parti pour faire pour faire pour faire

Je suis parti pour faire des tas de petits étoilés

Je suis parti pour vivre pour vivre pour vivre

Je suis parti pour vivre mon amour de la Voix Lactée

 

Mais j’ai vu débarquer

De son vaisseau spatial

Le croiriez-vous Madame

Un envoyé spécial

Il vont s’y implanter

Dans un prochain été

Les gentils vacanciers

Du Club Méditerranée

 

J’ai retrouvé mon île mon île mon île

J’ai retrouvé mon île perdue dans l’océan

Je suis r’parti pour dire pour dire pour dire

Je suis r’parti pour dire merde à cette société d’truands

Je suis r’parti pour faire pour faire pour faire

Je suis r’parti pour faire des tas d’bébés Oran-outang

 

Oui mais ces grands enfants

Sont partis s’faire bronzer

Le croiriez-vous Madame

Avec les vacanciers

Moi je les cherche en vain

Au milieu des cabanes

J’ai jamais su r’connaître

L’Oran-outang du chimpanzé

 

  Les bananiers

 

 

 

  Les espaces illusion

 

               

 

 

J’ai parcouru des chemins pierreux

Par lesquels la terre transpirait mieux

Grâce auxquels passaient dans mes pieds nus

Des forces nouvelles des ondes inconnues

Et mes yeux s’ouvraient de plus en plus grands

Sur ces fleurs qui en moi poussaient doucement    

 

J’ai parcouru des rêves limpides

Dans les flots desquels j’existais comme une île

Et sur moi se brisaient les lames incessantes

Des parfums des couleurs et des formes vibrantes

Qui striaient mon esprit en sillons si profonds

Que je redevenais une terre d’illusion

 

J’ai parcouru des royaumes déserts

Où les souverains pâles s’adonnaient aux échecs

Pour croire encore un peu qu’ils régnaient sur une terre

Où l’on vivait encore dans la joie des moissons

Pour oublier enfin que leur cœur était sec

Pour enfermer leur vie aux grilles de l’illusion

 

J’ai parcouru des maisons délaissées

Où les murs recouverts de passions oubliées

Semblaient saigner leur lierre par leurs brèches béantes

Par lesquelles avait fuit leur essence vivante

Par lesquelles rentraient de longs courants d’air froid

Pour effacer les taches de ceux qui vivaient là

 

De longs chemins pierreux et des rêves limpides

Des royaumes déserts des maisons délaissées

Et me voilà toujours au fil de mes pensées

Comme un vieux train qui racle des rails ébréchées

Qui arrache les grilles réalité raison

Et consacre sa vie aux espaces illusion 

 

  Les espaces-illusion

 

 

 

                          Les fleurs de béton

 

                                                                           

 

 

Nous construisons de beaux buildings de verre

Nous pourrions les fleurir un tout p’tit peu

En plantant sur leurs murs des primevères

Qui plus près du soleil pousseraient p’têtre mieux

 

Mais des personnes qui sont ainsi faites

Trouveraient que ça attire les insectes

Sans voir que leurs façades et leurs fenêtres

Ne sont que de grands miroirs aux alouettes

 

Si les fleurs pouvaient pousser

Sur le béton sur le béton

Nous aurions je crois sur Terre

De beaux parterres

De maisons

 

Sur l’Elysée nous mettrons des soucis

Et des immortelles à l’Académie

Puis des roses sur les murs d’un parti

Nous ferons un parterre de Paris

 

Puis les vastes toit de la BNP

Feront de magnifiques champs de blé

De temps en temps il faudra désherber

Notre Dame et les Champs-Élysées

 

Refrain

 

Nous embarqueront destination Lune

Dans des cargo fusées des tonnes de terre

Alors nous pourrons planter nos légumes

Sur les murs et les toits des ministères

 

Du béton s’épanouira la grande ère

Et nous pourrons voir au clair de Terre

Un tout petit bonhomme couvert de poils

Bêcher son champs à la lueur des étoiles

 

Refrain 

 

Les fleurs de béton   

 

 

                     Les pingouins

 

                                                                                    

          

Les pingouins

Se sont habillés

Pour aller en soirée

Du pingouin qui croyait

Que c’était arrivé

Du pingouin qui croyait

Que c’était l’commencement

Mais qui n’savait pas comment

Comment

 

Et les pingouins se suivent

Soit par deux soit par trois         Refrain

En habit de soirée

Décorés par le froid

 

Les pingouins

Sont tous arrivés

Ils se sont assemblés

Puis voilà le pingouin

Qui va leur expliquer

Qu’c’est leur avènement

Que les pingouins enfin

Vont pouvoir s’envoler

Mais qu’y n’sait pas comment

Comment

 

Refrain

 

Les pingouins sont transfigurés

Enfin hurlent leur joie

Et font le pingouin roi

Qui leur a expliqué

Qu’c’est leur avènement

Que les pingouins enfin

Vont pouvoir s’envoler

Mais qu’y n’sait pas comment

Comment

 

Refrain

 

Les pingouins plus malins en somme

Que l’ensemble des hommes

Lui ont d’mandé d’montrer

Son savoir et voler

Alors ils ont bien vu

Lorsqu’il s’est répandu

Qu’c’était pas pour demain

Que les pauvres pingouins

Allongeraient leurs ailes

Pour s’envoler aux nues

 

Et les pingouins s’en vont

Soit par deux soit par trois

En habit de soirée

Décorés par le froid

Et les pingouins s’en vont      Refrain final

Soit par deux soit par trois

Aussi manchots qu’avant

Dans le vent et le froid

 

Les pingouins 

 

 

 

                  L’Hyper chaud

 

                                                                           

 

 

Un steak bleu

Au feu rouge

Du drive-in

De l’enfer

Ticket bleu

Ticket rouge

Au parking                  

De misère

 

Gyrophare

Où l’on suit

Les éclairs

Bleus de nuit

Réverbère

Lampadaire

L’incendiaire

S’est enfui

 

Le béton

Explosé

Se fond

Déferraillé

Et l’acier

Eclaté

Tend ses doigts

Fendillés

 

Sirène siffle

Sous le bleu

Des voitures

De police

Et le rouge

Est plus mûr

Tout autour

Des pompiers

 

Les papiers

Gras s’enflamment

Sur les pa-

vés de l’âme

Le para-

dis s’écrit

En fines let-

tres de larmes

 

Stridentes

Sirènes

Bleu mé-

thylène

Sympho-

nie rouge

Les glo-

bules bougent

 

L’enfer

S’étend

Dans les

Artères

Le sang

S’répend

Sous les

Paupières

 

Ville prise

Ville prise

S’écrie

L’incendiaire

Qui viole sur

Leur caddie

Un vol de

Ménagères

 

Dans l’hyper

Gros marché

On s’affaire

A noyer

Les rayons

De lumière

Obstrués

De fumée

 

Rouges

Les flammes

Qui lèchent

Les drames

Bleu

Le feu

Qui sèche

Les larmes

 

Ville prise

Ville prise

S’écrie

L’incendiaire

Bras levés

Vers les nuées

De la nuit

Asphyxiée

 

Uniformes

Se forme

Une danse

Qui balance

Les tuyaux

Ejaculent

Ridicule

Sperme chaud

 

Les troupes

D’assaut

Se groupent

C’est beau

Les tirs

Tendus

Se tirent

Tout crus

 

Ville prise

Ville prise

S’écrie

L’incendiaire

Et son sang

S’est enfui

Dans la poussière

 

Plus de steak bleu

Monsieur

Au drive-in

De l’enfer

Fout l’feu au

Ticket bleu

Pour un vieux

Hamburger

 

  L'Hyper chaud

 

 

 

         Mary Shelley

 

La nuit mordille

Dans mes frissons

Plante l’aiguille

De ses glaçons

Ma peau frissonne

Le matin sonne

Le jour se donne

A l’horizon

 

La nuit d’hiver

Toute en décembre

Un dernier verre

Jardin de cendres

Ultime mois

D’un an d’émoi

Part dans le froid

De tous ses membres

 

Pour oublier

Les poésies

D’un an passé

Dans l’hérésie

La ville se mouille

Et s’agenouille

Dans les magouilles

D’un Jésus Christ

 

Elle porte aux pieds

Tous les stigmates

D’avoir marché

A quatre pattes

Et ses ampoules

De couleur roulent

Le vent en boule

De pâte à tarte

 

 

 

 

 

 

 

 

Les arbres bleus

Sous le ciel lourd

Ouvrent les yeux

Le regard court

Le rameau vieux

Oscille aux cieux

Comme un adieu

Ou un bonjour

 

Tout devient flou

Evanescent

Livide et mou

Décor du temps

Noël fait pire

Noël Vampire

Encore aspire

Sèves et sang

 

Et tous les ans

Un an se meurt

L’autre enfantant

Dans la douleur

Vive Halloween

Où la peur mine

Les mauvaises mines

De Bram Stoker

 

Pour la naissance

De Dracula

Je suis en transes

J’ouvre les bras

Brûlez bougies

Rouges hosties

Voyez je prie

Les bras en croix

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci Mary

Pour Frankenstein

Ca c’est la vie

Ca vaut la peine

Dans la nature

Belle et si pure

Ma créature

S’est mise en scène

 

Les sapins tournent

En manèges

L’esprit détourne

Tous les cortèges

Reflets opales

Jettent le voile

Sur mes étoiles

Tombe la neige

 

    Mary Shelley