Fais un pas
Gavotte
Laisse aller et les pavés
Se changeront en fleurs des prés
Laisse aller fontaine tarie
Retrouvera son flot de vie
Laisse aller Bretagne polluée
Respirera son air d’été
On dansera encore la vie
A Pont-Aven à Pontivy
Aussi doux que dire ton nom
Reviendront naître petits moutons Refrain
Aussi doux que nuages mauves
Tes yeux s’ouvriront comme roses
Y aura plus d’bestiaux dans les zoos
Le père Noé f’ra plus d’cadeaux
V’là prochain déluge qui s’apprête
Ca rinc’ra l’savon dans nos têtes
Laisse aller le raisin d’été
Ca f’ra du vin pour nos idées
S’il vient une fois l’été passé
C’est pour qu’l’hiver nous soit plus gai
Refrain
J’ai envie d’faire l’amour avec toi
Mais il paraît qu’y a du mal à ça
J’sais plus du tout qui a dit ça
Mais ça m’gêne encore un peu sous les bras
Laisse aller la pluie est jolie
Elle a des reflets vert-de-gris
Elle colle la chemise à ta peau
Je sens qu’la mue monte aux rideaux
Refrain
Laisse aller le rouge est mis
Le studio tourne une tranche de vie
Y a toi pis moi pis elle et lui
Qui est-ce qu’a dit qu’on a d’l’ennui
J’veux être furet pour être dans l’trou
Lapin belette voyou hibou
J’veux mettre ma tête où tout est doux
Cacahuètes mirliton et tout
Refrain
Laisse aller ton corps pis tout
Tes seins deviennent fusées c’est fou
Les mains sont douces sur tes reins
Ca fait drôle mais ça fait du bien
Laisse aller dansons serrés
Ca f’ra plus chaud ça f’ra plus gai
Puisque nos doigts se sont soudés
On ne pourra que se rapprocher
Gavotte
Il avait le temps
Il s’est couché près d’une pierre
L’a regardée bien longuement
Puis il a pris une autre pierre
L’a déposée sur la première
Il a mâché un peu de terre
Qu’il a glissé entre les pierres
Ses mains touchaient au cœur de terre
Il s’est redressé doucement
Faut dire qu’en c’temps il avait l’temps
Puisque le temps n’existait pas
C’était l’bon temps Monsieur Durand Refrain
N’vous en faites pas ça reviendra
Il s’est allongé sous un chêne
L’a regardé bien longuement
En a brisé une longue branche
Qu’il a caressé bien longtemps
La terre et l’eau le bois la pierre
Il a rassemblé les morceaux
Et puis tranquille même pas fier
Il s’est endormi sur le dos
Refrain
Il avait le temps
J’irais mâcher mes rêves
Le ciel est calme et pâle
Et la neige l’avale
Le sable blanc s’étend
Et la mer l’attend
A l’ombre des feuillages
Un primate sans âge
Ecoute passer le vent (bis)
J’irai mâcher mes rêves
Comme une feuille de coca
J’irai boire la sève
Au pied d’un hévéa
Sur l’atoll d’Anaa
Fumer la fleur du vent
De mon crâne béant
Pourras-tu dire au monde
Lorsque tu le verras
Qu’il continue sa ronde
Sans moi
Je chante pour des prunes Refrain
Je danse sous la lune
Comme un pierrot lunaire
Qui pleure pour ses chimères
Et pour toi
On ne regarde pas
Derrière le souvenir
Sous la fleur du passé
Vient mourir l’avenir
Il y a le sang qui pleure
Dans les veines fanées
Dans les cœurs arrêtés (bis)
Toutes ces pendules mortes
Aux rouages tordus
N’entrouvrent plus la porte
Du bonheur attendu
On a repeint les grilles
D’une couleur dorée
Mais elles restent fermées
Refrain
Au musée des poussières
L’humanité s’endort
Momifiée et austère
Sous des bandelettes en or
Sur du papier glacé
Elle repose sa tête
Désertifiée ( bis)
Dans la jungle cité
Toutes ces ombres nubiles
Se lancent des regards
Comme à des proies faciles
Mais leur double se jette
Par une fenêtre ouverte
Au pavé suicidé
Refrain
Les mots ne sont plus rien
Tous dans la même main
Et les même discours
Ne fleurissent plus les cours
Les derniers de nos dieux
S’ils ne sont morts hier
Nous ont fait leurs adieux (bis)
Si l’œil bleu du lagon
Aux paupières de corail
Reste ouvert sur le ciel
Comme un appel qui baille
Vibrante sous l’alizé
Il perle à son côté
Une larme de sel
Refrain
J'irai mâcher mes rêves
La bergère
Il était une bergère patapon
Il était une bergère
Il était une bergère patapon
Qui gardait ses moutons (bis)
Vint à passer par-là tralala
Le prince du village
Vint à passer par-là tralala
Le prince du canton (bis)
Le prince s’est arrêté tralalé
En voyant la bergère
Le prince s’est arrêté tralalé
Il a mit pied à terre (bis)
Cette fois-ci pas de noce tralalère
Pas de chaussons de vair
Cette fois-ci pas de noce tralalé
La prince l’a troussé (bis)
Lorsqu’il eut consommé tralalère
La chair de la bergère
Lorsqu’il eut consommé tralalé
Le prince s’en est allé (bis)
Le prince est retourné tralala
A ses affaires d’état
Le prince est retourné tralalé
Dans son château doré (bis)
La bergère a pleuré tralalère
La bergère a pleuré des nuits entières
La bergère a pleuré tralalé
Puis elle a accouché (bis)
Son enfant lui ressemble tralalère
Son enfant lui ressemble
Il a les yeux trop grands tralalère
Des contes pour enfants (bis)
Bergère si un prince tralalère
Bergère si un prince
Vint à passer par-là tralalère
Ferme-donc la barrière (bis)
Y a tant de pastoureaux tralali
Qui sont jeunes et gentils
Y a tant de pastoureaux tralali
Pour garder ton troupeau (bis)
Il était une bergère patapon
Il était une bergère
Il était une bergère patapon
Qui gardait ses moutons (bis)
La bergère
La chaise du président
Messieurs les grands prenez vos aise
On ne défile pas souvent
Quatorze juillet votre chaise
Bien reluisante vous attend
Je le sais bien il fut un temps
Où l’on vous transportait dedans
Depuis des têtes sont tombées
Folklore n’a pas résisté
Pourtant y en a un qui persiste
Tous les ans au quatorze juillet
L’obélisque sage y assiste
Celui-là s’il pouvait parler
Peut-être toujours vénère-t-il
Thèbes l’antique le dieu Amon
De la onzième dynastie
Que reste-t-il mon colon
De la onzième dynastie
Que reste-t-il mon colon
De magnifiques pyramides
Et quelques grandioses ruines
Et quatre mille années de sciences
Dont nous avons perdu l’essence
Egypte antique on t’a volé
Un bout de ta grandeur passée
Encore eut-il fallu t‘apprendre
Encore eut-il fallu comprendre
Egypte antique on t’a volé
Pour mettre au bout d’un défilé
L’obélisque qui doit se marrer
Tous les ans au quatorze juillet
Quelle honte pour vos armées
Ca ne doit pas l’impressionner
De vous voir grondant débouler
Du haut de vos Champs-Élysées
Messieurs les grands prenez vos aises
On ne défile pas souvent
Quatorze juillet votre chaise
Bien reluisante vous attend
L’emblème de notre sagesse
C’est la chaise du président
Et nous l’ôterons de ses fesses
Pour l’exposer à tout-venant
Messieurs les grands prenez vos aises
On ne défile pas souvent
Quatorze juillet votre chaise
Bien reluisante vous attend
Faites défiler vos soldats
Faites-nous défiler tout autant
Le privilège du manant
C’est de suivre votre enterrement
Le privilège du manant
C’est de suivre votre enterrement
Reprise des 4 premiers couplets
(Variante fin)
… De la cinquième république
Que reste-t-il mon colon
De la cinquième république
Que reste-t-il mon colon
La chaise du président
La clé du paradis
J’ai soulevé les pierres des chemins escarpés
J’ai plongé dans la terre mes mains ensanglantées
J’ai soulevé les roches des torrents de montagne
J’ai écarté le voile des instants qui s’éloignent
J’ai transpercé les toiles des peintres du mystère
J’ai erré sur le môle des départs pour Cythère
J’ai cherché dans le son des symphonies du monde
De l’équateur aux pôles jusqu’aux îles de la Sonde
J’ai sondé des frontières baignées du sang des hommes
Quand j’croisais un pommier je cherchais sous les pommes
Dans le cœur des volcans et dans le fond des glaces
Dans les derniers rayons de ce soleil qui passe
Dans la graisse des machines cliquetants engrenages
Dans la tête des fous et dans celle des sages
J’ai lu tous les écrits jusqu’à la dernière page
J’en ai les yeux brûlés j’ai vu toutes les images
Dans les flèches des Parthes dans le talon d’Achille
La rigueur des Spartiates les films de B. de Mille
Dans les métros de sueur bringuebalants de fatigue
Quand j’croisais un figuier je cherchais sous les figues
Au fond du cœur des femmes et dans la lueur des drames
Dans leur sexe fruité et sous leur peau diaphane
Dans l’amour ambiguë des serveurs de Sodome
Les rêves écartelés fuyants les mains des hommes
J’ai cherché dans le son des canons en furie
Dans les chairs éclatées dans les regards meurtris
Dans le calme des brumes d’une Irlande rougie
Et dans les bégonias de vos balcons fleuris
Des larmes de crocodiles aux larmes des sirènes
Des mensonges des édiles jusqu’au chant des baleines
Dans le cœur de la mort dans le cœur de la vie
Il n’y a jamais eu de clé d’un paradis
La clé du paradis
La ferme des célébrités
Il paraît qu’on s’amuse ferme
A la ferme des célébrités
Que dans les volcans de l’Auvergne
Les paysans sont tous flippés
Marguerite ne veut plus se faire traire
Qu’avec des dentelles de Cholet
Paulo l’taureau n’lui fait plus son affaire
Qu’si elle est en string et balconnets
La qualité du laitage
Est en baisse à ce qu’il paraît
D’puis qu’un trou du cul de passage
A été saisi sur le fait
Peu intéressé par le pis
De Marguerite pourtant Bardot
Il étudiait sur le vit
La manière de traire un taureau
Il paraît qu’on s’amuse ferme
A la ferme des célébrités
Que dans les volcans de l’Auvergne
Les paysans sont tous flippés
Voir l’autre éclaircir le persil
Comme si elle s’épilait l’maillot
Ca leur fait monter du souci
Jusqu’à la limite du tricot
Quand à la reine du néon
On demanda un potiron
Elle arracha la raie entière
Pour faire d’la place aux courtilières
L’aut’ disparue dans la nature
Menant le troupeau en pâture
Les chèvres nous l’ont adoptée
Le bouc aussi c’est un progrès
Il paraît qu’on s’amuse ferme
A la ferme des célébrités
Que dans les volcans de l’Auvergne
Les paysans sont tous flippés
Elle a fait le sabot des vaches
Grâce au vernis pour ongulés
Et leur fait la queue en panache
A grands coups de fer à friser
Ca fait désordre quand près de l’auge
Il amène la pâté de son
A celle qui vapeur de ménopause
Se roule nue au lisier blond
Insensible à ses bêtes croui-croui
Et à son odeur aigrelette
Oui il se la tape en levrette
En la prenant pour une truie
Il paraît qu’on s’amuse ferme
A la ferme des célébrités
Que dans les volcans de l’Auvergne
Les paysans sont tous flippés
S’ils nous piquent not’ crénom d’boulot
Y a pas vraiment de quoi s’en faire
On tourn’ra l’émission d’enfer
On fera l’seizième du péquenot
Avant célèbres je n’sais s’ils sont
Mais après le seront c’est sûr
Tous assis dans le fameux rond
A la table du roi Arthur ( bis )
La ferme des célébrités
La voie lactée
J’avais acquis une concession
Un petit bout de rêve à moi
Et dans cette poussière d’étoiles
Je m’sentais bien il faisait bon
On m’a vendu ma Voie Lactée
Un promoteur immobilier
Va y faire construire des planètes
Pour les gens riches en mal d’aimer
Oh ! Moi bien sûr c’est pas pareil
Je croyais qu’elle m’appartenait
Depuis le temps que j’la r’gardais
Depuis le temps que j’y rêvais
On m’a vendu ma Voie Lactée
Et des vieilles aux rides dorées
Vont pouvoir aller s’y tremper
Pour se rajeunir les idées
Je n’aurai même plus les moyens
D’y faire un tour de temps en temps
J’ai perdu en un rien de temps
Ce que j’avais gagné pour rien
On m’a vendu ma Voie Lactée
Et ses étoiles vont orner
Les restaurants et hôtels chics
Aux infinis panoramiques
On m’a vendu ma Voie Lactée
Car il faut maintenant acheter
Sa part de rêve son temps d’aimer
On m’a vendu ma Voie Lactée
La Voie Lactée
Le berger
Un quart de pomme épluché
Un demi fromage coupé Refrain
Une tranche de pain séché
Sur la table du berger
Le berger est mort hier
J’ai suivi son enterrement
Pas de gens en noir derrière
Et pas de curé devant
Il aurait pu être roi
Ou peut-être député
Il n’a pas voulu je crois
Avoir de notoriété
Refrain
Il préférait les étoiles
Aux néons des grandes villes
Et puis le chant des cigales
Au bruit des automobiles
Il y avait comme un sourire
Perdu sur sa face pâle
C’était son dernier désir
Son dernier rayon d’étoile
Refrain
Le berger est mort hier
J’ai suivi son enterrement
Les moutons marchaient derrière
Et ses étoiles devant
Refrain
Le berger
Le clochard
La dame au léopard
Au fond de sa Jaguar
Caresse son caniche noir
Et se remet du fard
Le gros homme au cigare
Fait des ronds dans le noir
Et se croit bien peinard
Au fond de la Jaguar
A la vitre fumée
Bien fermée vient taper Refrain
Un clochard enrhumé ( bis )
Le feu rouge est coincé
Le chauffeur est paumé
Plus moyen d’avancer
Sur les Champs-Élysées
« Chauffeur si vous pouviez
Lui dire de s’en aller
Le chien va s’énerver
Il doit sentir mauvais »
Refrain
« Messieurs-dames s’il vous plaît
Pour moi un p’tit billet
Il faut pas m’en vouloir
S’il me reste le pinard
Avant j’étais dompteur
Sur la piste chaleur
Scintillement des yeux
Maint’nant je suis trop vieux »
Refrain
Alors gorille sortit
Sur ses souliers vernis
Contourna la jaguar
Monta sur le trottoir
Repoussa le clochard
Qui tomba dans le noir
Epouss’ta son costard
Rentra dans la Jaguar
Refrain
Cirque Champs-Élysées
Le coup d’fouet a claqué
Les deux yeux allumés
Le clochard s’est dressé
Gorille et léopard
Jaguar et gros cigare
Y a plus près du trottoir
Qu’un bout de costard noir
Refrain
Le clochard
Le train de 7 h 22
J’ai la tête faite comme un hall de gare
Où les berceaux rangés s’apprêtent au départ
Les fées volettent idiotes et sèment au hasard
L’héritage obsolète d’un passé révolu
Du fond des baladeurs des rappeurs donnent l’heure
Avec des sons rongés par la rouille des cœurs
L’heure des départs bafouille au fond des haut-parleurs
Pour des lieux ignorés avenir inconnu
Demain c’est comme hier
J’prendrai un Picon-bière
Le train d’7 h 22
Du sable plein les yeux
J’pisserai dans la cuvette
Mes rêves roses et bleus
J’gratt’rai une allumette
Je m’réveillerai plus vieux
Vers des quais où attendent des parents bien rangés
Avec leur p’tit pique-nique avec leur p’tit panier
Portant le même masque stérile sur le nez
Et des paquets de couches-culottes parfumées
Les fées passent et jettent des dragées bleues et roses
Des dragées au Napalm et des dragées au plomb
Pour ceux qui ne naissent pas où la paix se repose
Des dragées nucléaires et des petits neutrons
Refrain
La fortune a toujours sa corne d’abondance
Mais elle a sagement gardé les yeux bandés
D’un geste ample et gracieux elle distribue sans cesse
Alentour à l’avance plein de SMIC et de CES
La fortune a gardé la lune pour alliée
Autour de ton nombril sans arrêt elle gravite
La grande horloge grince pour ton temps limité
Mais toi tu n’atteindras jamais le satellite
Refrain
Pour ceux qui sont pourvus l’ennui est sans limite
C’est le discours des fées pour ceux qui n’le sont pas
Les fées sont délicates les fées sont hypocrites
Elles distribuent les fèves à ceux qu’en ont déjà
Au-dessus des berceaux danse le goupillon
Au fond de l’air du soir balance l’encensoir
Pour un plus tard meilleur et une vie en haillons
Donne tes ronds tes prières pour mériter l’espoir
Refrain
Et les convois s’ébranlent dans des étincelles bleues
Ou roses c’est selon mais ils n’veulent pas l’savoir
Et les ventres des gares accouchent de miroirs
Où les rêves s’égarent des trains au fond des yeux
Les trains dans les tunnels projettent leur semence
Et les montagnes accouchent de dents de fer qui grincent
La mer pose son sel sur le sable et s’élance
Il n’y aura pas d’enfant pour nous sauver demain
Refrain
Tu fais l’erreur de croire dans le temps qui t’entraîne
Que ce n’est pas toi qui a semé la graine
Ta naissance est de taille et ton envie profonde
Ta naissance est l’essence de la faille d’un monde
Responsable du sable qui file au sablier
Et des châteaux de sable qui coulent entre tes mains
Tu cherches la terre arable où pouss’raient tes idées
Mais sur le mauvais quai t’attends le mauvais train
Refrain
Le train de 7h22
L’ Europe Express
La dame en moleskine
Sur le tapis de velours
Remonte ses jarretelles
De soie au petit jour
Pleine son escarcelle
Mauves ses paupières lourdes
Elle allume une Camel
Et se remet de la poudre
La dame en moleskine
Dans son compartiment
Regarde le petit jour
Revenir au présent
Et dans la somnolence
Du Train transcendantal
Europe-Express
Elle se caresse les fesses
Distraitement
Le monsieur en suédine
A ôté ses lunettes
A plié sa pochette
De soie au petit jour
Dans son attaché-case
Il a rangé les cases
Qui lui servent de tête
Dans les briefings de base
Le monsieur en suédine
Dans son compartiment
Soupire en se souv’nant
D’la dame en moleskine
Et dans la somnolence
Du train transcendantal
Europe-Express
Il se gratte les fesses
Nonchalamment
Le p’tit gars en feutrine
A fumé sa moquette
Couché sur la banquette
Verte du petit jour
Il a la tête ouverte
Sur des rêves d’amour
Des seins des jambes offertes
Sur des tapis d’velours
Le p’tit gars en feutrine
Dans son compartiment
Soupire en se souv’nant
Qu’il n’a pas d’argent
Et dans la somnolence
Du train transcendantal
Europe-Express
Il se touche le sexe
Négligemment
Le banquier en lustrine
Range son double bedon
Le gras double s’obstine
Et sort du pantalon
Dans les trépidations
Du train qui va ses rails
Voudrait les attouchements
Des caravansérails
Le banquier en lustrine
Sous son double menton
Rêve d’une ballerine
Qui s’rait un p’tit garçon
Et dans la somnolence
Du train transcendantal
Europe-Express
Son doigt boudiné s’tend
Vers son fondement
La dame en moleskine
Sur son tapis d’velours
Démonte ses jarretelles
De soie au petit jour
Pleine son escarcelle
Mauves ses paupières lourdes
Elle écrase sa Camel
Se débarbouille sa poudre
La dame en moleskine
Dans son compartiment
Regarde le petit jour
Revenir au présent
Et dans la somnolence
Du train transcendantal
Europe-Express
Rêve Dame Liberté
D’faire un autre métier
L'Europe Express
Les bananiers
J’avais trouvé une île une île une île
J’avais trouvé une île perdue dans l’océan
J’étais parti pour faire pour faire pour faire
J’étais parti pour faire des tas d’bébés Oran-outang
J’étais parti pour dire pour dire pour dire
J’étais parti pour dire merde à cette société d’truands
Ils ont juste gardé
Deux ou trois cocotiers
Avec le reste Madame
Ils ont fait des cabanes Refrain
Où viendront habiter
Où viendront gigoter
Les gentils vacanciers
Du Club Méditerranée
J’avais trouvé une terre une terre une terre
J’avais trouvé une terre où pousseraient mes bananiers
J’étais parti pour faire pour faire pour faire
J’étais parti pour faire un joli petit coin de paix
J’étais parti pour dire pour dire pour dire
J’étais parti pour dire merde à cette société d’paumés
Ils ont juste gardé
Deux ou trois bananiers
Car sur le reste Madame
Couvert de macadam
Pour parcourir mon île
Roulent les automobiles
Des gentils vacanciers
Du Club Méditerranée
J’ai trouvé une rivière une rivière une rivière
J’ai trouvé une rivière où les poissons nageaient en paix
Je suis parti pour faire pour faire pour faire
Je suis parti pour faire un joli petit coin de paix
Je suis parti sans rire sans rire sans rire
Je suis parti sans rire Il n’y avait pas de quoi s’marrer
Ils ont juste gardé
Deux gouttes d’eau polluée
Car pour le reste Monsieur
Ils ont construit des jeux
Mickey Mac Do débiles
Accueillent sur mon île
Les gentils vacanciers
Du Club Méditerranée
J’ai trouvé une étoile une étoile une étoile
J’ai trouvé une étoile qui n’était pas mal exposée
Je suis parti pour faire pour faire pour faire
Je suis parti pour faire des tas de petits étoilés
Je suis parti pour vivre pour vivre pour vivre
Je suis parti pour vivre mon amour de la Voix Lactée
Mais j’ai vu débarquer
De son vaisseau spatial
Le croiriez-vous Madame
Un envoyé spécial
Il vont s’y implanter
Dans un prochain été
Les gentils vacanciers
Du Club Méditerranée
J’ai retrouvé mon île mon île mon île
J’ai retrouvé mon île perdue dans l’océan
Je suis r’parti pour dire pour dire pour dire
Je suis r’parti pour dire merde à cette société d’truands
Je suis r’parti pour faire pour faire pour faire
Je suis r’parti pour faire des tas d’bébés Oran-outang
Oui mais ces grands enfants
Sont partis s’faire bronzer
Le croiriez-vous Madame
Avec les vacanciers
Moi je les cherche en vain
Au milieu des cabanes
J’ai jamais su r’connaître
L’Oran-outang du chimpanzé
Les bananiers
Les espaces illusion
J’ai parcouru des chemins pierreux
Par lesquels la terre transpirait mieux
Grâce auxquels passaient dans mes pieds nus
Des forces nouvelles des ondes inconnues
Et mes yeux s’ouvraient de plus en plus grands
Sur ces fleurs qui en moi poussaient doucement
J’ai parcouru des rêves limpides
Dans les flots desquels j’existais comme une île
Et sur moi se brisaient les lames incessantes
Des parfums des couleurs et des formes vibrantes
Qui striaient mon esprit en sillons si profonds
Que je redevenais une terre d’illusion
J’ai parcouru des royaumes déserts
Où les souverains pâles s’adonnaient aux échecs
Pour croire encore un peu qu’ils régnaient sur une terre
Où l’on vivait encore dans la joie des moissons
Pour oublier enfin que leur cœur était sec
Pour enfermer leur vie aux grilles de l’illusion
J’ai parcouru des maisons délaissées
Où les murs recouverts de passions oubliées
Semblaient saigner leur lierre par leurs brèches béantes
Par lesquelles avait fuit leur essence vivante
Par lesquelles rentraient de longs courants d’air froid
Pour effacer les taches de ceux qui vivaient là
De longs chemins pierreux et des rêves limpides
Des royaumes déserts des maisons délaissées
Et me voilà toujours au fil de mes pensées
Comme un vieux train qui racle des rails ébréchées
Qui arrache les grilles réalité raison
Et consacre sa vie aux espaces illusion
Les espaces-illusion
Les fleurs de béton
Nous construisons de beaux buildings de verre
Nous pourrions les fleurir un tout p’tit peu
En plantant sur leurs murs des primevères
Qui plus près du soleil pousseraient p’têtre mieux
Mais des personnes qui sont ainsi faites
Trouveraient que ça attire les insectes
Sans voir que leurs façades et leurs fenêtres
Ne sont que de grands miroirs aux alouettes
Si les fleurs pouvaient pousser
Sur le béton sur le béton
Nous aurions je crois sur Terre
De beaux parterres
De maisons
Sur l’Elysée nous mettrons des soucis
Et des immortelles à l’Académie
Puis des roses sur les murs d’un parti
Nous ferons un parterre de Paris
Puis les vastes toit de la BNP
Feront de magnifiques champs de blé
De temps en temps il faudra désherber
Notre Dame et les Champs-Élysées
Refrain
Nous embarqueront destination Lune
Dans des cargo fusées des tonnes de terre
Alors nous pourrons planter nos légumes
Sur les murs et les toits des ministères
Du béton s’épanouira la grande ère
Et nous pourrons voir au clair de Terre
Un tout petit bonhomme couvert de poils
Bêcher son champs à la lueur des étoiles
Refrain
Les fleurs de béton
Les pingouins
Les pingouins
Se sont habillés
Pour aller en soirée
Du pingouin qui croyait
Que c’était arrivé
Du pingouin qui croyait
Que c’était l’commencement
Mais qui n’savait pas comment
Comment
Et les pingouins se suivent
Soit par deux soit par trois Refrain
En habit de soirée
Décorés par le froid
Les pingouins
Sont tous arrivés
Ils se sont assemblés
Puis voilà le pingouin
Qui va leur expliquer
Qu’c’est leur avènement
Que les pingouins enfin
Vont pouvoir s’envoler
Mais qu’y n’sait pas comment
Comment
Refrain
Les pingouins sont transfigurés
Enfin hurlent leur joie
Et font le pingouin roi
Qui leur a expliqué
Qu’c’est leur avènement
Que les pingouins enfin
Vont pouvoir s’envoler
Mais qu’y n’sait pas comment
Comment
Refrain
Les pingouins plus malins en somme
Que l’ensemble des hommes
Lui ont d’mandé d’montrer
Son savoir et voler
Alors ils ont bien vu
Lorsqu’il s’est répandu
Qu’c’était pas pour demain
Que les pauvres pingouins
Allongeraient leurs ailes
Pour s’envoler aux nues
Et les pingouins s’en vont
Soit par deux soit par trois
En habit de soirée
Décorés par le froid
Et les pingouins s’en vont Refrain final
Soit par deux soit par trois
Aussi manchots qu’avant
Dans le vent et le froid
Les pingouins
L’Hyper chaud
Un steak bleu
Au feu rouge
Du drive-in
De l’enfer
Ticket bleu
Ticket rouge
Au parking
De misère
Gyrophare
Où l’on suit
Les éclairs
Bleus de nuit
Réverbère
Lampadaire
L’incendiaire
S’est enfui
Le béton
Explosé
Se fond
Déferraillé
Et l’acier
Eclaté
Tend ses doigts
Fendillés
Sirène siffle
Sous le bleu
Des voitures
De police
Et le rouge
Est plus mûr
Tout autour
Des pompiers
Les papiers
Gras s’enflamment
Sur les pa-
vés de l’âme
Le para-
dis s’écrit
En fines let-
tres de larmes
Stridentes
Sirènes
Bleu mé-
thylène
Sympho-
nie rouge
Les glo-
bules bougent
L’enfer
S’étend
Dans les
Artères
Le sang
S’répend
Sous les
Paupières
Ville prise
Ville prise
S’écrie
L’incendiaire
Qui viole sur
Leur caddie
Un vol de
Ménagères
Dans l’hyper
Gros marché
On s’affaire
A noyer
Les rayons
De lumière
Obstrués
De fumée
Rouges
Les flammes
Qui lèchent
Les drames
Bleu
Le feu
Qui sèche
Les larmes
Ville prise
Ville prise
S’écrie
L’incendiaire
Bras levés
Vers les nuées
De la nuit
Asphyxiée
Uniformes
Se forme
Une danse
Qui balance
Les tuyaux
Ejaculent
Ridicule
Sperme chaud
Les troupes
D’assaut
Se groupent
C’est beau
Les tirs
Tendus
Se tirent
Tout crus
Ville prise
Ville prise
S’écrie
L’incendiaire
Et son sang
S’est enfui
Dans la poussière
Plus de steak bleu
Monsieur
Au drive-in
De l’enfer
Fout l’feu au
Ticket bleu
Pour un vieux
Hamburger
L'Hyper chaud
Mary Shelley
La nuit mordille
Dans mes frissons
Plante l’aiguille
De ses glaçons
Ma peau frissonne
Le matin sonne
Le jour se donne
A l’horizon
La nuit d’hiver
Toute en décembre
Un dernier verre
Jardin de cendres
Ultime mois
D’un an d’émoi
Part dans le froid
De tous ses membres
Pour oublier
Les poésies
D’un an passé
Dans l’hérésie
La ville se mouille
Et s’agenouille
Dans les magouilles
D’un Jésus Christ
Elle porte aux pieds
Tous les stigmates
D’avoir marché
A quatre pattes
Et ses ampoules
De couleur roulent
Le vent en boule
De pâte à tarte
Les arbres bleus
Sous le ciel lourd
Ouvrent les yeux
Le regard court
Le rameau vieux
Oscille aux cieux
Comme un adieu
Ou un bonjour
Tout devient flou
Evanescent
Livide et mou
Décor du temps
Noël fait pire
Noël Vampire
Encore aspire
Sèves et sang
Et tous les ans
Un an se meurt
L’autre enfantant
Dans la douleur
Vive Halloween
Où la peur mine
Les mauvaises mines
De Bram Stoker
Pour la naissance
De Dracula
Je suis en transes
J’ouvre les bras
Brûlez bougies
Rouges hosties
Voyez je prie
Les bras en croix
Merci Mary
Pour Frankenstein
Ca c’est la vie
Ca vaut la peine
Dans la nature
Belle et si pure
Ma créature
S’est mise en scène
Les sapins tournent
En manèges
L’esprit détourne
Tous les cortèges
Reflets opales
Jettent le voile
Sur mes étoiles
Tombe la neige
Mary Shelley